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Homme et Univers

L’univers compterait environ 100 milliards de galaxies. Dans chaque galaxie, on dénombre environ 100 milliards d’étoiles. Notre soleil, qui est une étoile de taille moyenne représente 99,87% de la masse totale du système dont il est le centre. Jupiter, deuxième objet le plus massif du dit système ne représente que 0,1% de ce total. La plus grande partie du reste de cette masse erre dans le vide sans appartenir à aucune planète. Notre planète et a fortiori nous mêmes ne sommes donc pas grand chose dans l’absolu, a peine une quantité infime de poussière d’étoile. Certes cette pensée n’est pas nouvelle, l’homme a de toutes façons toujours eu un certain sentiment d’infériorité par rapport à la nature, d’où les dieux terribles de certaines religions. Nous nous sommes d’ailleurs longtemps imaginé ne guère pouvoir avoir d’influence sur la nature en général, jusqu’à ce que nous prenions conscience que c’était le cas depuis au moins la Révolution Industrielle.

Cependant, comme je l’ai précisé plus haut, nous ne sommes rien face à l’Univers dans sa globalité. Mais devons nous nous comporter en ne prenant que cela en compte ? Si c’est le cas, soit chacune de nos actions est insignifiante et nous pouvons tout nous permettre vis à vis de nous-mêmes et des autres, soit comme le prétendent nombre de religions nous devons faire preuve d’humilité envers ce qui nous entoure et agir en conséquence en nous faisant minuscules, et développer une sorte de complexe d’infériorité non pas par rapport à un ou plusieurs dieux mais vis à vis de ce qui nous entoure, divinisant en quelque sorte l’univers.

Ce qu’il y de bien quand on parle d’astronomie, c’est qu’on peut toujours montrer de jolies images

Ni l’une ni l’autre de ces opportunités ne me semble plaisante, il existe d’ailleurs des raisons de les rejeter en dehors de la morale qui me semble certes utile mais trop variable en fonction des individus et de leur culture. En effet, si nous sommes objectivement petits face à ce qui nous entoure, nous ne le sommes pas subjectivement, soit par rapport à nous mêmes. Et cela, objectivement, a une grande importance. Chacun d’entre nous est au centre d’un univers individuel créé par sa vision personnelle de ce qui l’entoure. Nul ne perçoit un même évènement de façon exactement identique. Nous sommes donc chacun l’élément principal d’un monde subjectif que nous créons et modifions par notre simple existence, car nous sommes conscients de ce qui nous entoure. Ceci vient contrebalancer la petitesse de notre être qu’il ne faut néanmoins pas oublier.

Je viens d’énoncer que le principal élément du monde qui nous entoure était pour chacun d’entre nous lui-même. On pourrait se baser sur ceci pour agir d’une façon parfaitement égoïste, et négliger tant notre environnement que les besoins des autres êtres humains. Ce serait là encore un raisonnement hâtif.  Tout d’abord vis à vis des autres humains, il ne faut pas oublier que chacun d’entre eux est également le centre d’un univers personnel objectivement tout aussi important que n’importe quel autre, y compris le tien ou le mien, qu’il s’agit donc de préserver pour tenter d’enrichir le notre à son contact, ou ne serait-ce qu’à titre de curiosité. Autrement dit, il ne faut pas détruire autrui pour préserver la possibilité d’échanger avec lui donc d’y gagner, ou à défaut en rire sans trop de méchanceté. Ensuite, il nous faut respecter notre environnement en général, autres humains inclus, car nous en sommes dépendants. Il est évident que nous ne pourrions guère survivre sans eau et sans nourriture. Pour satisfaire ces besoins élémentaires sur le long terme, nous avons besoin d’un environnement raisonnablement stable et en bon état. Les ressources alentours étant limitées, cela suppose qu’il nous faut les économiser. Nous ne pouvons toutes les exploiter seuls, c’est pourquoi nous avons besoin de nos semblables.

Pour conclure, résumons. Nous sommes infinitésimaux face à l’univers qui nous entoure. Ce n’est pourtant pas en fonction de cela qu’il nous faut d’abord agir. Nous sommes en effet très importants par rapport à nous-mêmes, et c’est cela qu’il faut prendre en considération. Il ne nous faut pas non plus négliger ce qui nous entoure, car nous en sommes dépendants. A partir de cela peuvent s’établir les considérations morales, qui définissent la façon dont nous nous comportons vis à vis du monde. Cette réflexion nous a donc permis d’établir un fondement objectif à la morale. En effet, si celle-ci dit qu’il est mal de tuer par exemple, elle n’énonce pas pourquoi et ne le peut pas. Ce raisonnement certes froid a pour mérite à mes yeux de justifier l’établissement d’un ordre moral en se passant totalement de quelque dieu que ce soit, devant lequel nous serions responsables de nos actes. La morale n’a donc absolument rien de divin ni de supérieur, elle est bien plus importante que cela car constitutive de la base de toute tentative de société humaine. S’il est possible de discuter de la teneur de la morale, il est en revanche impossible de contester l’existence de celle-ci.

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  1. Maeglyr
    3 janvier 2011 à 22 h 28 min

    Comment ne pas être d’accord avec ce raisonnement ? Cette logique, que tu décrit précisement, se retrouve dans les sources culturelles occidentales (voire européennes) : Grèce, Rome antique (c’est beau l’amour), catholicisme.

    Cependant, je pense que ce mode de pensée soit forcément universel : on retrouve une glorification de l’honneur dans la société japonaise,par exemple, qui ne correspond pas forcément avec l’intérêt commun et qu’on pourrait, hâtivement, traiter d’égoïsme (même si ça s’inscrit dans un rapport au regard de l’autre.

    Bien entendu, on le retrouve aussi dans notre monde actuel, et notamment dans la pensée libérale (on pourrait citer l’Inde, et la caste des intouchables aussi) qui est, à mon grand regret, plutôt dominante.

    J’ai beaucoup aimé ce texte : il est clair, précis, syntaxique. L’introduction est rondement menée, et bien rappellée par la suite. Ca résume bien ce à quoi j’avais abouti dans mes reflexions (sans réussir à le formuler aussi bien).

    Enfin, ce texte est utilisable par une multitude de courants ‘humanistes’ (si j’ose dire) qui se basent sur les mêmes valeurs : l’écologisme, le communisme, en prenant les deux exemples qui me viennent tout de suite à l’esprit (sans que forcément ce texte soit à vocation et à incitation communisme, bien sûr).

    Il y a juste la conclusion qui m’a paru superflu, car répétant des éléments que tu précisais juste avant. Peut être aurait elle gagné à être plus brève, vu que le texte en lui-même s’explique de lui-même et est assez court.

    Pour finir : merci !

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