Accueil > Folie de Polis, Folie réfléchie > Inconvénients de la démocratie moderne

Inconvénients de la démocratie moderne

La plupart des grandes puissances mondiales sont aujourd’hui des démocraties. Ce sont donc des régimes politiques où, en théorie, le pouvoir repose entre les mains du peuple, ou tout au moins de ses représentants. Ainsi, les pouvoirs législatifs, exécutifs et judiciaires sont contrôlés par la population, devant laquelle sont responsables leurs détenteurs. Ce système me semble en théorie le meilleur élaboré à ce jour. La justesse de mettre le pouvoir aux mains de ceux qui auront à le subir ; les mandats limités en temps et en pouvoir, le contrôle de ceux qui en sont investis que je viens de citer sont d’excellents outils pour éviter l’instauration d’une tyrannie, et éviter le trop long maintien au pouvoir d’un dirigeant incompétent. Pourtant, ici et face à toi, lecteur, je m’arrogerai le droit ne ne point trop discuter de ces avantages, maintes fois répétés à l’école, cette matrice de citoyens. Je m’attacherai plutôt à en lister les inconvénients.

Comme lorsque je parlai de la monarchie, je m’attacherai ici à diviser ces inconvénients entre les faiblesses pouvant mener à la destruction du système, et les défauts qui peuvent mener le peuple à souhaiter s’en débarrasser. Cependant, je ne prétendrai pas cette fois-ci à montrer exclusivement ceux inhérent au principe même, ni à les découvrir tous (bien que je doute d’y être parvenu lorsque je parlais de la royauté). Vivant en effet dans une démocratie, et en étant partisan, je crains de ne pas pouvoir prendre suffisamment de recul par rapport à mes observations pour y parvenir, même de façon imparfaite. C’est pourquoi une fois ces défauts mis à jour, je tenterai de proposer des pistes pour y remédier.

Ne sachant pas à quel point elle est fiable , voilà une représentation de ce que tu doi penser de mon opinion sur la démocratie. Floue.

La grande faiblesse de la démocratie est indissociable de sa nature profonde. La démocratie ne peut exister sans le respect des Droits de l’Homme, et en premier lieu de la liberté d’opinion et d’expression. Elle ne peut donc se permettre d’interdire à ses citoyens de formuler des opinions antidémocratiques, sous peine de cesser d’être une démocratie. Elle est donc contrainte d’accepter en son sein des entités voulant sa destruction, et même de las aider au même titre que toutes les autres entités politiques, les protégeant de leurs opposants trop violents et leur offrant les moyens de s’exprimer. Cependant l’impossibilité d’interdire ces mouvements et groupuscules peut être contournée grâce aux opinions de ces mêmes mouvements : ne respectant souvent en rien les principes de tolérance de la démocratie, ils en viennent souvent à outrepasser la loi, tombant ainsi sous le coup de sanctions limitant leur influence néfaste.

L’autre faiblesse de la démocratie est la multiplicité de ses élus à travers le temps du fait de la durée limitée des mandats . Il en existe une telle quantité que, sur le nombre, on trouve nécessairement des individus incompétents ou corrompus (ce OU n’étant pas exclusif). Ces élus parasitent donc le système, le contournant voire l’ignorant pour leur seul profit. Négligeant le bien public, ces hommes et ces femmes sont de réelles nuisances, hélas inévitables. Cependant, cette multiplicité est également porteuse d’un avantage : leur nuisance est limitée dans le temps, car ils finiront fatalement par être remplacés lorsque le temps sera venu ; il est même possible d’espérer que leur remplaçant sera suffisamment talentueux pour réparer leurs méfaits. Hélas, le mandat de ces hommes et femmes de bien est également limité, et ne sera pas forcément reconduit. Remarques que cela n’est pas un mal en soi : le pouvoir a un effet corrupteur, le fait d’y goûter peut faire en désirer davantage, et limiter dans le temps la possibilité à chacun de l’exercer limite cette corruption.

Cependant, ces individus vertueux se trouvent en moins grande quantité que les individus néfastes. En effet, le pouvoir politique est une charge lourde en responsabilité que les vertueux doivent supporter sans autre rétribution personnelle que l’éventuelle reconnaissance publique, qui n’est même pas certaine car le bien publique ne passe pas toujours par le chemin le plus évident, et ce qui est donc extrêmement dissuasif. En revanche, les politiciens néfastes ne se soucient guère de l’intérêt général. Les responsabilités du pouvoir leur pèsent donc moins, et surtout, la rétribution qu’ils en tirent de par leur corruption est bien plus importante. Ils ont donc deux soucis principaux : assurer leur bien personnel, et conserver le pouvoir. C’est ainsi que l’on voit apparaître chez eux deux comportements : la favoriser les puissants, s’en faisant valets au lieu de les assujettir au bien public, et la mise en place de mesures à but exclusivement électoral, qui semblent ne justes qu’à l’immense majorité de la population qui n’a guère réfléchi aux fondements des questions traitées et qui s’apercevrait sinon qu’elles sont bien souvent aussi iniques par les principes qu’inefficaces par la forme, si ce n’est redondantes avec d’autres mesures antérieures.

Ce qu’un homme politique se doit à tout prix de ne pas être

Venons en maintenant à ce qui constitue le cœur de la démocratie, les élections. Ayant déjà traité de leur forme, je m’attacherai ici à leur fond. Opposons donc deux candidats. L’un vertueux, l’autre ne souhaitant que son bénéfice personnel. Lequel a le plus de chances de l’emporter ? Je te réponds que c’est le second. S’il était possible aux électeurs de percevoir instantanément les choses ainsi, le premier l’emporterait sans la moindre difficulté. Mais ce n’est pas le cas. Les électeurs vont devoir les choisir non en fonction de ce qu’ils sont, mais en fonction de ce qu’ils semblent être. Et nul ne sera jamais assez fou pour déclarer ne vouloir que son propre bien et se présenter à une élection. Les électeurs ne choisissent donc pas en fonction de ce que sont les candidats, lais en fonction de ce qu’ils semblent être ; ils ne sélectionnent pas une personne, mais l’image d’une personne. Lequel des deux semblera le plus vertueux ? Ce sera celui qui parviendra le mieux à donner une image reluisante de sa personne, et à salir le mieux celle de l’autre. Ce n’est pas là une tâche facile. Ce sera donc celui qui déploiera le plus de volonté à atteindre le poste convoité qui obtiendra finalement la place. Celui qui aura les plus fortes motivations. L’un agira pour tous sauf lui. L’autre uniquement à son profit. La seconde motivation me semble la plus forte. C’est donc le politicien néfaste qui a le plus de chances de l’emporter.

Ce phénomène fait également que ceux qui désirent le plus fortement le pouvoir tendent à y parvenir plus aisément. Or, c’est parmi ceux-ci que se trouvent ceux qui menacent le plus la démocratie, ceux qui seront tentés de garder le pouvoir même lorsque le temps de le laisser sera venu. C’est là une faiblesse inévitable. Car on peut certes imaginer un pouvoir plus fort dont la seule prérogative serait d’empêcher cela. Mais alors, qui contrôlerait ce pouvoir ? Il est également possible d’imaginer un autre système, où les pouvoirs se contrôlent mutuellement. C’est là la solution qui me semble la meilleure, car il faut alors que tous ces pouvoirs se mettent d’accord entre eux pour faire chuter la démocratie. C’est une limite, mais elle est moins efficace qu’elle peut sembler au premier abord. En effet, les urnes font souvent qu’un même parti se retrouve à avoir la faveur du peuple sur tous les points. Ce parti contrôle donc souvent tous les pouvoirs. Il peut donc servir à établir la connivence de ces pouvoirs, et faire chuter la démocratie.

Voilà à peu près comment je preçois ceux sui nous gouvernent

Enfin, je constate une forte ressemblance entre tous ceux qui prétendent à nous diriger, quelle que soit leur bord politique. Je te l’avouerai, lecteur, je ne fais confiance à aucun des hommes politiques français. Je serais bien en peine de t’en citer un d’important qui ne me semble pas néfaste. Comment cela s’est-il établi ? La réponse se trouve dans les institutions qui les forment. Afin de garantir des dirigeants compétents à la nation, il a été fondé des institutions ayant pour but de former des individus pour cette tâche. C’est ce qui explique leur forte ressemblance sur la forme de leur discours. Mais sur le fond ? La source en est autre. C’est à cause de la particularité de leurs origines. Tous viennent des classes sociales supérieures, presque sans exceptions. C’est ce qui leur permet d’obtenir une formation de qualité suffisante pour parvenir à de hautes fonctions. Et c’est aussi ce qui provoque leur façon similaire de voir le monde. Et leurs convictions profondes, entre autres celles politiques, en découlent.

Comment remédier à tout cela ? Comment renforcer la démocratie ? Par l’éducation. En donnant au peuple le pouvoir de garder le pouvoir pour lui-même, par les armes s’il le faut. Un peuple suffisamment éduqué sera presque impossible à berner. Je crains hélas que ce ne soit là qu’une utopie. C’est ainsi que la plupart des manipulations exercées par les politiciens néfaste se servent de l’ignorance de la population. Il faut donc remédier à celle-ci. Je te laisse deviner mon analyse de la diminution des moyens accordés à l’éducation à la lumière de mes deux dernières phrases.

Publicités
  1. audrey
    27 octobre 2013 à 16 h 51 min

    c’est vraiment génial de voir qu’il y’ a certaines personnes qui ne se sont pas faire avoir par la démocratie

    • 5 novembre 2013 à 19 h 40 min

      As-tu lu l’article ? Ne t’es-tu pas arrêtée au titre ? Ou bien est-ce moi qui me méprends sur le sens de ton commentaire ?

      En effet, ce que je fais ici est une forme d’éloge de la démocratie, dans sa forme la plus pure. Et un constat amer que nous n’y sommes absolument pas. Tout comme jadis au temps des rois, nous sommes dirigés par une autoproclamée aristocratie, ne méritant pas ce titre car aucun homme ne saurait se dire meilleur que la plupart de ses semblables, sous peine de prouver qu’il y est inférieur par son arrogance.

      Pour être plus explicite, je joue ici sur le mot « démocratie ». Certaines de ses occurrences représentent la fausse formalisation de ce régime tel qu’il y en a tant aujourd’hui. Les autres en représentent l’idéal élevé, l’utopie qu’il nous faut viser pour tenter d’aller mieux.

  1. No trackbacks yet.

Rédige ici ta propre bulle

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :