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Nocivité de la religion

Lecteur, peut-être l’as-tu déjà remarqué, mais je n’aime guère les religions. Elles sont pour moi un chancre hérité d’âges révolus, cadavre encore vivant de ce qui a marqué les siècles passés et risque hélas de marquer encore les siècles futurs. Mais, m’interroges-tu, pourquoi une telle rancœur à l’encontre des religions ? Ai-je été leur victime ? Que m’ont-elles donc fait pour que je les exècre à ce point ? Rien. Jamais je n’en ai été personnellement victime. Mais pourquoi donc cette haine alors ? Entends-moi bien et comprends moi : si je ne puis supporter les religions, ce n’est pas à cause de ceux qui y croient. Ceux-là, je les respecte comme êtres humains uniques et indivisibles. Ma colère me vient de l’emprise d’une religion sur ses croyants, que je constate dès que je me donne la peine de gratter le vernis de liberté que certaines se donnent la peine de s’appliquer aujourd’hui.

Je hais la religion, car je honnis le pouvoir. J’exècre le pouvoir car je déteste ce que je dois craindre. J’ai peur du pouvoir car il peut me priver de ma liberté. Or la religion est potentiellement l’un des pouvoirs les plus puissants qui soient, et à l’heure actuelle l’un des plus superflus. En effet, je ne crache pas sur le pouvoir de l’État dans lequel je vis, bien que je l’aime guère, car il m’est nécessaire. Il me protège d’autres pouvoirs qui restreindraient plus encore ma liberté qu’il ne le fait, car il est à la plus puissant et moins intrusif par rapport à celui qu’aurait par exemple un chef tribal local. En revanche, dis moi je te prie, l’utilité de la religion ? Lesquelles de nos libertés protège-t-elle ? Fut un temps où l’État était faible, et ou par exemple elle préservait l’interdit de tuer (et surtout par là la liberté de vivre) même là ou l’État ne le pouvait pas. En revanche, aujourd’hui, l’État est suffisamment fort pour se suffire à lui même. Il n’y a plus besoin de justice divine, celle des hommes peut maintenant être omniprésente, ou peu s’en faut pour peu qu’elle s’en donne les moyens.

Le temps où la religion avait une utilité indispensable est maintenant révolu, du moins dans les pays les plus développés. Certes, la religion, ou plutôt les institutions qui la composent, y a perdu beaucoup de pouvoir. Mais il est encore trop grand, par les interdits et obligations jadis posés maintenant transformés en recommandations, qui demeurent respectés par habitude. Mais ceux-ci sont loin de tous respecter la règle primordiale de ce qui définit la loi juste (car il s’agit là de lois, prétendument divines), à savoir que tout ce qui ne nuit pas à autrui est autorisé. Prenons par exemple l’homosexualité. Toutes les grandes religions la condamnent. Mais à qui cela nuit-il ? A un hypothétique dieu ? Lui mis à part, je ne vois pas. Or, dans la mesure où l’existence de choses divines est indécidable, il absurde de dire qu’un quelconque dieu existe. Ou alors les licornes roses invisibles existent également.

Tu me diras peut-être alors que tu es libre de privilégier telle pratique à telle autre, et même de trouver l’une d’entre elles nocive, sans que ce soit l’opinion générale. Bien, restons donc sur le même exemple de l’homosexualité. Tu me dis que tu es libre de la trouver nocive peut-être en raison de ta religion tant que tu ne nuis pas à ceux qui la pratiquent. Certes, la stupidité n’est effectivement pas punissable par la loi. Mais ce n’est pas à toi que s’adresse mon reproche. C »est à ta religion. Ton dogme qui te dicte que tu dois trouver l’homosexualité nocive pour être comme il le faut. Si tu rejettes l’homosexualité en raison de ta religion, tu te prives de ta liberté de conscience sur ce sujet, la remplaçant par une idée conçue par d’autres que toi parce-que tu te sens obligé de l’adopter pour mériter ta place au Paradis. Si tel tu es, saches que je te méprises, et te plains.

Nous en venons, lecteur sensé, à la raison pour laquelle je hais la religion plus que tout autre pouvoir. Ce sont pour moi ses fondements mêmes qui sont pourris, poussant l’Homme à la haine aveugle et à la déraison. Car la religion est une affaire de pouvoir. Leur structure fait que quelques hommes ont un pouvoir immense sur quelques autres sans en avoir trop l’air. Car ce pouvoir, ce n’est soit disant pas eux qui le détiennent, mais leur dieu. A la bonne heure. Ce n’est pas le Pape qui condamne l’IVG, mais un bidule dont rien ne prouve l’existence  ? Vous m’en direz tant. Ce pouvoir repose sur des mécanismes tellement sommaires qu’ils en sont presque avilissants, la carotte (le Paradis) et la bâton (l’enfer). Avilissants, car pour y être sensible, pour être totalement à leur merci, aucune réflexion n’est nécessaire. Dès lors que l’on croit, il est impossible de s’en défaire.

Le pire est que les religions ne se cachent même pas du fait qu’elle se fondent sur l’ignorance est la bêtise. Si je cite « Heureux les simples et les faibles d’esprit, car le royaume des cieux leur est ouvert », tu ne me demanderas pas d’où cela provient. La religion est un pouvoir indigne de la raison, car elle promeut l’ignorance. Elle prétend peut-être être le Bien, s’associe à la lumière. Mais cela, c’est elle qui le dit. Pour ma part, elle n’est que ténèbres. Elle vit dans les ténèbres, et fond comme neige au soleil dès lors que la lumière se fait. Ce n’est pas pour rien que la régression de la religion va de paire avec les progrès de la science et de la philosophie. La première fait reculer la religion car elle fait reculer le surnaturel, en remplaçant l’explication par un dieu par une autre plus fondée. La seconde en montrant qu’il est impossible de savoir si Dieu existe, et que donc toute croyance divine peut potentiellement être vraie. Et que dan le doute il convient de toutes les accepter, donc de se débarrasser d’une structure où des hommes disent aux autres ce qu’il convient de croire, et où chacun est donc un peu plus libre.

Croire en l’existence ou la non-existence de quelque chose que personne n’a pu, ne peut ni ne pourra appréhender par définition est un non-sens.Je ne crois donc pas en la non-existence de Dieu. En revanche, je ne crois pas davantage en son existence. Je ne comprends pas Dieu. Lorsque je parle de lui, je fais référence à l’idée que s’en font les croyants, que je comprends. Il a été dit que les athées sont des gens qui parlent beaucoup de quelque chose qui n’existe pas. C’est là faire une confusion. Ce dont nous parlons, c’est de l’idée de Dieu qu’ont certaines personnes, qui est elle bien réelle, et sur laquelle nous avons différentes opinions. L’athéisme n’est pas une religion. Ne pas avoir de voiture, ce n’est pas avoir une voiture bien particulière. Que celui qui me dira le contraire s’avance, et explique son sophisme.

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  1. 23 février 2011 à 20 h 29 min

    La science ne provoque heureusement aucun recul en matière de foi, il se pourrait même qu’elle la favorise au contraire. Faites un tour dans diverses écoles, vous trouverez de nombreux groupes bibliques universitaires, par exemple, alors que les écoles de métiers plus manuels en seront souvent dépourvus. Je vois l’athéisme comme de la paresse intellectuelle, une béquille face à la peur de la mort, une fuite de la réalité.

    Croire en « quelque chose que personne n’a pu, ne peut ni ne pourra appréhender » est effectivement peu intelligent. Heureusement, Dieu s’est fait homme en Jésus-Christ, s’est révélé, a fait le premier pas, s’est mis à notre niveau et est accessible à qui le veut.

    • 27 février 2011 à 18 h 45 min

      Étrangement, je qualifie la religion de la même façon que tu qualifies l’athéisme. De plus, je vois difficilement comment l’absence de quelque chose (ici de dieu) pourrait servir de béquille.
      Le néant est autrement plus terrifiant que l’enfer. Le Paradis, une carotte d’hypocrites.

      La présence de « groupes bibliques universitaires » ne signifie rien. Absent dans les écoles manuelles ? Il faut être éduqué pour se poser les questions que ceux-là se posent. Je vois donc plutôt ces regroupements comme des moyens de chercher à fortifier la foi, à combler les failles que l’éducation y ouvre sans pitié par une recherche commune d’arguments théologiques donc fondés sur du vide.
      De plus, les statistiques montrent que, plus le niveau d’études est élevé, plus le taux de croyant diminue.

      Jésus-Christ, un homme parfaitement intelligible. Certes. Mais est-ce un dieu (et plus douteux, encore Dieu) ?

  2. 21 septembre 2014 à 3 h 37 min

    Bonjour Folâtre,

    Tout d’abord, je tient absolument a vous féliciter pour votre excellent article ! J’ai depuis des années attendu que quelqu’un écrive ce que vous avez écris ! D’autant plus que votre article est très bien écrit en plus d’être agréable et rapide à lire ! Cela est une vraie bouffée d’air frais parmis l’océan d’obscurantisme, d’exclusion et de haine qu’est la religion, et ce, qu’elle qu’elle soit. Bien trop de personnes croyantes ont une Bible à la place du cerveau et font de la religion l’outil du Diable.
    Bref, encore une fois, félicitation et merci pour cet article des plus précieux !

    En outre, je tient à répondre également à Vers le ciel. En plus de la très bonne réponse que vous avez fourni, j’aimerai rajouter au sujet de Jésus-Christ que ce n’était qu’un homme comme les autres qui a appris aux gens à croire à une entité appelée Dieu afin de se rassurer et de s’en servir comme bouée à laquelle s’accrocher dans les moments difficile. Pour les croyants, c’est une manière de ne pas se sentir seul et, comme vous l’avez mentionné, Jésus-Christ (s’il a vraiment existé) n’avait rien de divin. Ce côté là n’est qu’un mythe. Une histoire que les gens se sont raconté au fil du temps comme si c’était véridique alors que cela ne l’est pas. Comme les légendes urbaines par exemple.

    • 21 septembre 2014 à 9 h 17 min

      Merci de ce retour !
      J’en profite pour préciser, même si cela est je pense assez clair dans l’article, bien que jamais explicité, que ce que je désigne ici par « religion » est la forme organisée avant tout, celle que l’on nomme Église si l’on est chrétien par exemple, le clergé donc. Pour ce qui est des croyances personnelles, chacun est selon moi libre de croire toutes les stupidités qu’il veut, tant qu’il ne s’en sert pas pour faire du mal à autrui.

      • 21 septembre 2014 à 17 h 56 min

        Je suis bien d’accord avec vous et pour ma part, c’est effectivement clair dans votre article.

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