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Créationnistes : pourquoi je vous aime

L’une des grandes questions à laquelle les humains cherchent une réponse est : « D’où venons nous ? ». N’importe quelle religion digne de ce nom a une réponse à cette question, comme celle-ci. Et même les moins sérieuses en ont. Elles tentent toutes de nous dire comment tout d’abord l’univers puis les humains sont apparus (il s’agit bien de deux questions différentes). Si tu veux bien, je me cantonnerai aux religions monothéistes. C’est qu’à cause de la pléthore de religions existant de par le monde, mieux vaut se fixer un champ d’analyse restreint à celles qui rassemblent le plus de fidèles. Ces religions ayant la particularité de vénérer, le même Dieu et donc d’avoir une idée pour ainsi dire identique quant à la création du monde, j’emploierai pour les désigner le singulier. Enfin, il me faut t’annoncer clairement le but de mon discours : m’attaquer au mythe des origines de cette religion.

Vaste entreprise. C’est pourquoi mon attaque te fera sans doute l’effet de voir un moustique piquer un éléphant. Cependant, je me dois te t’exposer les raisons de cette attaque : c’est une manifestation de mon exaspération face au créationnisme. Sa thèse est inattaquable, de par sa constitution de foi, et nul ne peut se battre contre du vent. Ou alors, il n’obtiendra pas de grands résultats. Non, je ne veux convaincre personne. Je veux irriter ceux qui s’imaginent qu’une entité infinie est à l’origine de toute chose. Je hais les religions, les croyants m’irritent dès lors qu’ils affichent trop franchement leurs idées. Je me fends donc ici d’une réponse mesquine et sans grand autre intérêt que de me soulager.

Me soulager de tout ce qui m’irrite commence donc ainsi : le mythe biblique de la création est une idée d’une laideur sans nom. Elle est lourde, dénuée de poésie, n’a rien d’épique, se contente d’un déroulement assez linéaire pour me rendre neurasthénique s’il s’avérait qu’elle fusse vraie.Un démiurge se contente de créer des choses, les unes après les autres, et leur donne une hiérarchie bien précise. Peut-être trouve-t-on dans ce mythe ce qui m’exaspère le plus dans les mentalités nourries à la Bible : la suffisance d’être le summum de tout ce qui existe. L’incapacité à concevoir le mieux. La seule chose qui soit au-dessus de nous serait insurpassable par définition, et pis, nous serions condamnés à la servir.

Parlons en d’ailleurs de ce Dieu unique. Il est supposé être parfait. Infiniment savant, donc omniscient. Infiniment puissant, donc omnipotent. Si nous sommes le sommet de la sa création, alors comment avons nous pu chuter par le pêché originel ? Tu sais comme moi que celui-ci est supposé être le fait d’avoir mangé le fruit défendu. Qu’Adam et Ève savaient, de la bouche de Dieu être défendu. Or, tu as sans doute remarqué comme moi qu’il est dans notre nature d’être tentés par ce qui est défendu. Dieu le savait forcément puisqu’il est supposé être omniscient. Il pouvait y remédier, étant omnipotent. Pourquoi n’a-t-il donc rien fait ?

Pire encore : ces religions prétendent que Dieu permet le mal car il veut laisser le libre arbitre à sa création. Mais la simple existence de ce dieu rend impossible le libre arbitre. Dieu est omniscient : il connait tout du passé, du présent… et du futur. Il ne peut pas non plus se tromper. Si cela est vrai, le libre arbitre ne peut pas exister. Même si nos souffrances, nos peines, nos joies sont réelles, leur enchaînement a été connu de tout temps par une entité extérieure. Leur cours de nos vies s’allonge, et nous ne pouvons rien y changer, juste avoir l’impression de changer quelque chose, car le contraire signifierait que Dieu se serait trompé, ce qui est par définition impossible. Le criminel ne serait donc pas à blâmer.

Mais intéressons nous à ce Dieu omniscient. Et uniquement à lui. Son omniscience étant absolue, elle s’applique également à ses propres actions. Ne pouvant se tromper, il est lui aussi sur les rails de sa destinée : il est incapable de changer quoi que ce soit à ses plans sous peine de contredire son omniscience, ce qui est impossible. Il aurait donc de tout temps décidé de ses actions. Il serait l’immuabilité, une chose laide car orgueilleuse et figée, sûre et à raison de n’avoir de comptes à rendre à personne, pas même à elle-même. Comment Dieu peut-il donc se permettre de différencier le Bien du Mal dès lors qu’il n’a pas d’égal à qui rendre compte ? Il va de soi que sa définition ira dans son sens, elle sera orientée pour lui convenir. Le Bien de la Bible n’est donc pas le Bien absolu, de même que le Mal tel qu’il est défini dans la Bible ne saurait prétendre à être objectif.

De toutes façons, tout mon discours est inutile : l’évolution des espèces est un fait, et non une théorie, la théorie dite de l’évolution se contentant de tenter de décrire ses mécanismes. Les dieux, et plus précisément le Dieu des religions du Livre, étant des abstractions dont il est impossible de démontrer la véracité, mon raisonnement ne permet de ne dicter aucune conduite concrète, car il ne parle que de futilités. Considères donc ce texte, lecteur, davantage comme un exercice de style que comme un réel raisonnement.

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