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Humanité de la réflexion

L’humain est un être social. L’humain cherche en conséquence à se reconnaître dans ses semblables, de façon plus ou moins consciente. Mais l’humain est un être conscient. La conscience est ce qui le différencie des autres animaux. Il se doit donc d’avoir conscience de ce qui l’entoure, de ce qu’il vit, des phénomènes se produisant autour de lui et en son sein. Sous peine d’être ravalé au rang de bestiole inconsciente. La réflexion crée l’humain, cela est autant vrai que son inverse, énonçant que l’humain crée la réflexion. Mais humain a dans ces deux sentences un sens différent. Dans la seconde, le terme humain désigne des caractéristiques génétiques, un code ADN exprimé à travers un corps. Dans la première en revanche, elle désigne un individu. Que cet individu aie le code génétique correspondant ou provienne d’une autre galaxie n’a que peu d’importance. Ce qui compte est la capacité de réflexion.

Un être humain est donc caractérisé par sa capacité à se penser, à s’analyser lui-même. Et quiconque est capable d’une telle chose se rapproche donc de l’être humain, et de très près, car il se trouve que cette capacité est ce qui permet de s’apercevoir de l’existence de ce qui est l’élément le plus constitutif de l’être humain, la Raison, et donc de se construire des raisonnements. Dans le cas d’une créature biologiquement non-humaine, mais humaine dans le sens où elle se trouve capable de réfléchir, les réflexions menant à la raison et donc les raisonnements eux-mêmes peuvent être radicalement différents, d’où une morale elle aussi entièrement nouvelle pour nous, humains biologiques. Mais pour peu que ces créatures soient suffisamment développées pour parvenir à obtenir la capacité de rationaliser, même religieusement, l’interdit de tuer un autre membre de sa propre espèce, interdit inscrit dans ce qu’il est convenu d’appeler l’instinct de chaque animal vertébré (et pour autant que j’en sache bon nombre d’invertébrés), qui sont communément considérés comme les plus complexes créatures vivant sur Terre, alors ils peuvent être considérés comme humains en un certain sens.

Une telle créature pourrait cependant, du fait de ses chemins de pensée radicalement différents des nôtres ne pas développer le raisonnement que je viens de tenir. Elle pourrait même se trouver dans l’incapacité totale de le comprendre. J’ai cependant bon espoir que nous soyons une espèce particulièrement violente, car ayant eu dernièrement des phases d’évolution où, du fait de notre technique, nous nous sommes trouvés sans rival ni prédateur sérieux autres que des groupes voisins. Ce qui aurait pu favoriser le reproduction des meilleurs guerriers, c’est à dire ceux chez qui l’instinct bridant la violence envers d’autres membres de la même espèce se trouvait le plus faible. Si nous venions à rencontrer une autre espèce dotée de capacités intellectuelles semblables voire supérieures, en tout cas point trop inférieures à celles dont nous sommes dotées, j’espère que la principale source d’agressivité sera notre espèce, ou qu’à défaut nous nous trouverons à égalité dans l’agressivité.

Il existe cependant, chez les invertébrés, certaines espèces telle la mante religieuse, où l’instinct évitant la destruction des membre de la même espèce est suffisamment faible pour que le mâle soit susceptible d’être dévoré par la femelle. Cela existant sur Terre, il est possible qu’une espèce intelligente surgisse quelque part avec un instinct aussi faible. Mais, bien que là encore ce ne soit qu’une espérance, je ne pense pas que cela soit très probable. En effet, la capacité de raisonnement demande d’énormes ressources. Il en va de même, à un degré plus important encore, pour l’édification d’une technologie susceptible de nous menacer. Les ressources nécessaires à cela se trouvent être infiniment plus faciles à accumuler par la coopération, donc par une certaine capacité à ne pas s’entretuer.

Je suis bien conscient de ne pas traiter ici de tous les cas de figure possibles et imaginables. Il y aurait par exemple celui d’une civilisation semblable aux fourmi, avec de multiples individus fonctionnant presque comme un seul, que je ne traite pas car il est si différent que je ne sais pas comment il pourrait se traduire avec une réelle intelligence. Et il en existe très certainement beaucoup d’autres, mais au moins ai-je traité ceux qui me venaient à l’esprit. Je demeure toutefois persuadé que certaines espèces non-biologiquement humaine pourraient prétendre à un titre semblable. Il convient néanmoins de préciser que si l’une d’elles venait à se montrer être une menace active à l’espèce humaine, nous serions en droit de nous défendre, car cette espèce serait en tort. Je ne suis en revanche hélas pas certain que l’espèce humaine ne se montre pas être une menace envers d’autres espèce pensantes. S’il me fallait me montrer catégorique, ce que je ne suis pas, je devrais même à contrecœur affirmer le contraire. Si cela venait à se produire, ce serait alors nous qui serions en tort.

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