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De l’antithèse actuelle du libéralisme : le libéralisme économique

Je suis un libéral. Mais pas au sens où cela est généralement entendu. Ma première phrase augure, pour la plupart, d’un pamphlet véhément visant à inciter l’État à se retirer toujours davantage de l’économie. Mais je suis, au contraire, favorable à une forte présence de celui-ci dans celle-là. Comme je l’ai déjà mentionné, je suis libéral au sens originel du mot, c’est à dire que je suis en faveur de toutes les libertés, et pas seulement celle d’entreprendre, de posséder. Il me semble même, et peut-être est-ce un tort, que l’énonciation du droit à la propriété comme étant un droit inaliénable de l’Homme dans le dix-septième article la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen (DDHC) fut un tort. C’est certes un droit important, mais vaut-il l’égalité des Hommes entre eux ? Vaut-il la liberté d’expression ? Il eut à mon sens été plus judicieux de formuler cela ainsi : « Tout Homme a droit d’obtenir et conserver les moyens nécessaires à son existence ». C’est certes là une utopie, mais l’est-ce davantage que de prétendre que tous les hommes sont libres et égaux en droits, lorsque l’argent à certains d’obtenir une vie aisée, pour ne pas dire paradisiaque, en n’étant rien d’autre que des rentiers toute leur vie, c’est à dire sans jamais rien apporter d’utile à la société ?

C’est au nom des principes de ce dix-septième article que les États se retrouvent aujourd’hui pressés de se retirer des finances… Sauf lorsque tout va mal, auquel cas ils se doivent de renflouer sans trop de contre-parties les entreprises sur le point de faire faillite, à grands renforts de milliards d’unités monétaires. Sans trop de contre-parties, car ce serait, tu t’en doutes, une entorse à ce dernier article de la DDHC, du moins aux yeux des propriétaires de ces firmes chancelantes… Attends, ne vois-tu pas une contradiction ? Les propriétaires ? Méritent-ils seulement encore de posséder leur bien, alors qu’ils mettent même ce qu’ils ne possèdent pas au bord du gouffre ? Comment peut-on parler de spoliation lorsqu’une fraction importante, pour ne pas dire dépassant, de la valeur d’une entreprise, est avancée par l’État, c’est à dire théoriquement la société dans son ensemble, pour renflouer cette entreprise qui ne représente qu’elle même ? Ne serait-il pas juste que ces milliards, symbole d’un travail fourni par une nation entière, demeurent même sous une autre forme la propriété de cette même Nation ?

Mais le rachat de ces entreprises, qui se trouvent être d’importantes banques d’affaires, pivots du système capitaliste, serait une importante intrusion de l’État au sein de l’économie. Où va le monde si ceux qui possèdent les richesses doivent répondre devant l’État, théoriquement représentant de la totalité de la population, donc d’une immense majorité de personnes moins aisées ? C’est sous la forme de cette question que me semble présenté le problème du libéralisme économique, bien que ce soit avec d’autres mots plus… anodins. L’État pourrait se permettre de se désengager du système économique si nous vivions dans une utopie capitaliste, telle que pensée par les pères de ce système… Où il s’exercerait une concurrence saine et loyale, où il n’y aurait pas de pacte allant à l’encontre des intérêts des consommateurs, où les trusts ne pourraient se former, car les consommateurs eux-mêmes équilibreraient leurs dépenses entre les différentes entreprises… Une utopie disais-je.

En l’état actuel des choses, je constate qu’une économie dé-régularisée, pour ne pas dire déréglée, mène avant tout à une gestion à court terme de l’un des volets majeurs de la politique (car l’économie fait partie de la politique, mais pas l’inverse), qui ne peut elle-même mener à moyen terme, et on le voit actuellement par les crises qui se déroulent à l’échelle mondiale, qu’à un effondrement économique. Effondrement, si j’en crois mon intuition (je ne suis pas spécialiste) qui pourrait à terme s’avérer fatal à de nombreuses libertés. Pour être plus précis, un effondrement économique, par la misère qu’il engendre, contraint le peuple au désespoir. Or, un peuple désespéré risque fort de finir par faire quelque-chose d’immensément stupide, comme le ferait un individu. Il risque de défausser ses libertés les plus fondamentales au profit d’un peu de sécurité. Or, « un peuple qui est prêt à sacrifier un peu de sa liberté au profit d’un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finira par perdre les deux » (Benjamin Franklin, citation de mémoire).

Pour éviter cela, il suffirait de réguler suffisamment fortement le milieu de l’économie. Je ne parle pas d’un système communiste pour autant, dans la mesure où je considère qu’il ne sera possible de tenter de s’approcher de cette utopie qu’à condition d’avoir un peuple plus éduqué qu’il ne l’est aujourd’hui, et donc moins égoïste et plus à même de faire fonctionner correctement ce qui ne lui appartient pas malgré des sanctions économiques moindres à l’échelle personnelle le cas échéant. Je parle d’un système où un minimum de protectionnisme économique ne serait pas considéré comme une aberration (sauf pour la Chine, à laquelle personne ne fait rien remarquer lorsqu’elle s’y met, ou si faiblement que cela passe inaperçu), où les opérations visant à faire de l’argent par pure spéculation financière seraient toutes illégales, où il serait interdit par exemple de vendre un bien que l’on ne possède pas. C’est très probablement là encore une utopie, mais il me semble qu’il est d’ores et déjà possible de tenter de s’en rapprocher.

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