Archive

Archive for the ‘Folie de Polis’ Category

Quadrangulation Politique

La politique est un sujet complexe. Elle l’est tellement qu’il est peu probable que ne serait-ce que deux personnes de par le monde aient exactement la même opinion à ce sujet. Et ce même il est certes indéniable que dans la mesure où des groupes de réflexion existent à ce sujet, ainsi que diverses formes d’unions afin de modifier l’orientation de la Chose Publique, partis ou lobbies. Ceux-là ne sont en effet que le regroupement de personnes partageant des opinions similaires mais ne pouvant être strictement identiques en tous points.

Typiquement, les partis politiques, auxquels je me cantonnerai par souci de simplicité, sont catégorisés en fonction de leur position sur un axe opposant la « gauche » à la « droite » ; idées que l’on pourrait respectivement décrire comme étant « le bonheur de tous permet le bonheur de chacun » et « le bonheur de chacun fait le bonheur de tous », « tous » étant « l’ensemble des individus », et « chacun » étant « chaque individu pris séparément ». Mais cette classification me semble fort limitée. Pour prendre un exemple simple, il est courant de considérer les deux extrémités de cet axe comme étant le même point, bien que ce ne soit pas là mon avis comme je m’en vais l’expliquer.

 

Cercle rouge

Cercle circulaire

 

Pour rendre compréhensible mon raisonnement, il me parait plus clair de personnifier ces extrêmes par des personnages historiques bien connu, Staline à gauche et Hitler à droite. Suivant l’affirmation précédemment énoncée, avec laquelle j’ai déjà énoncé mon désaccord, ces deux personnages historiques sont situés en un même point, qualifiable « d’extrême ». Mais, cette représentation du spectre politique serait sans doute représentée par un cercle, laquelle figure géométrique se trouve non plus en une mais en deux dimensions. Or, dans la mesure où tout autoritaires qu’ils soient, Staline et Hitler n’en avaient pas moins des différences de vues sur le monde, il me semble que l’usage d’un certain outil mathématique devient évident.

Cet outil est appelé repère cartésien, à deux dimensions pour l’instant. En considérant l’axe des abscisses comme l’axe gauche/droite et celui des ordonnées comme représentant les idéaux politiques allant de la totale décentralisation du pouvoir à sa centralisation complète entre les mains d’un seul hommes, on obtient à mon sens un outil de catégorisation politique bien plus puissant et précis. Pour reprendre les exemples que nous avons précédemment utilisés, si Hitler et Staline sont effectivement très éloignés sur l’axe « gauche/droite », dans la mesure où ils disposaient des pleins pouvoirs au sein de leur régime, ils se trouvent peu ou prou au même point sur l’axe « acentral/central ». On obtient donc bien un résultat tenant compte à la fois de leurs similarités et de leurs différence. Nous pouvons en conséquent, et sans trop nous avancer, en déduire que cette représentation est bien meilleure qu’un simple axe « gauche/droite ».

 

Sphère sphérique

Nous y venons enfin

Maintenant, permets-moi de te poser une question, lecteur, toute rhétorique soit-elle : devons-nous reposer maintenant que nous sommes parvenus à identifier un axe d’analyse supplémentaire ? Je ne le pense pas, car déjà je perçois intuitivement un nouvel axe de lecture, celui représentant le « conservatisme/progressisme ». Dans la mesure où l’intuition ne permet que de trouver une direction dans laquelle orienter ses recherches, je m’en vais donc expliciter les raisons pour lesquelles ce troisième axe me semble des plus pertinents, bien que son rapport avec les deux précédemment évoqués soient pour l’instant des plus flous.

Mon objectif est donc de montrer que la volonté de changement est une composante opinions politiques. Formulé ainsi, ce fait est d’ores et déjà plus évident. Pour le démontrer, il me faut revenir à la signification originelle de l’axe « gauche/droite », à savoir la première Assemblée Nationale française, où ceux placés à la gauche de l’hémicycle étaient les plus anti-royalistes, désirant donc le plus de changements par rapport à la norme précédente, et ceux placés à sa droite, royalistes, désiraient que le moins de changements possibles ne s’opèrent. Je pense qu’en montrant ainsi que la division « progressiste/conservateur » est l’une des plus anciennes en politique, ce nouvel axe prend pleinement sens.

Je conclurai en précisant que, si les deux premiers axes sont aujourd’hui somme toute assez largement connus, car ils représentent en quelque sorte l’idéal de tout un chacun pour la société, celui du progrès me semble injustement fusionné à l’axe « gauche/droite », la perception et donc le sens de celui-ci ayant bel et bien changé au cours des ans. Il existe en effet à mon sens de part et d’autre de cet axe à la fois des idéaux dont les défenseurs souhaitent un réel changement, tout comme d’autres prêts à « tout modifier pour que rien ne change », expression sur laquelle il est possible que je revienne à l’avenir.

Publicités

Qui se cache a à se reprocher ?

Certains semblent penser que « Celui qui n’a rien à se reprocher n’a rien cacher ». J’aimerais, si tu pensais ainsi, lecteur, le reformuler, en disant que celui qui n’a rien à se reprocher n’a pas d’objections à faire à ce que toute sa vie privée soit visible par des inconnus. Que, où qu’il aille, il doit accepter de se faire lister, examiner sous toutes les coutures. Et que surtout, par dessus tout il ne doit pas s’en plaindre, car s’il venait à le faire, cela voudrait dire qu’il a fait quelque-chose de répréhensible. Mon opinion est qu’une telle société est digne des pires contre-utopies de George Orwell. Mais tu pourrais arguer que j’exagère et grossis le trait, alors soit. Considérons que, au moins ici et maintenant, cette proposition soit vraie et juste, et justifie, car c’est à cela que je voulais en venir, l’établissement de l’omniprésence des technologies de surveillance, de la biométrie à la vidéosurveillance… pardon, vidéoprotection comme le veut la novlangue en vigueur.

C’est donc bel et bien pour nous protéger que notre vie privée doit être étalée au grand jour. Il est vrai qu’en période de crise économique, il est réellement vital de dépenser des milliards pour ficher et surveiller les citoyens… Mais je m’égare, ne penses-tu pas ? Admettons, comme veut nous le faire croire le précédent lien à partir de quelques exemples choisis et manifestement objectifs, que cela soit réellement efficace en ce sens. Intéressons-nous maintenant au temps durant lequel sont conservées ces données… Un an ? Dix ans ? A jamais ? En théorie, c’est assez bref, un mois pour les enregistrements de vidéosurveillance, un an pour les logs de connexion internet chez les FAI (ce qui est déjà bien long si l’on considère qu’il s’agit de la totalité de ta vie virtuelle). Mais d’une part, cela n’est que la théorie, la loi peut-être bafouée, et d’autre part, les données ainsi captées peuvent alimenter des fichiers légaux comme illégaux… Qui sont eux conservés ad vitam eternam, et parfois fort difficile à faire modifier, malgré la loi.

Maintenant, voyons à quoi peuvent servir ces données… A te protéger dirais-tu ? Admettons que ce soit vrai dans l’immédiat… Mais quels sont les usages détournés qu’il est possible d’en faire ? Pour commencer, n’oublions pas qu’à l’heure actuelle, la plupart des fichiers sont informatisés. Et connectés à l’Internet. Nul système de protection informatique n’étant parfaitement sûr (un certain parti politique en a fait les frais), il n’est pas impossible que des individus mal-intentionnés mettent la main sur ces données. Dans le meilleur des cas, ce sera uniquement pur s’en servir à des fins lucratives, comme pour la publicité ciblée. Dans le pire, ce sera pour te faire chanter, ou bien comme base pour des mesures de rétorsion basées, par exemple sur tes opinions politiques qui lui déplaisent…

Pire, dans l’hypothèse même où ces fichiers seraient parfaitement sécurisés (en se servant par exemple d’un réseau totalement coupé d’Internet), pourrais-tu garantir qu’ils aient disparu si un jour l’État (a peu près) de Droit dans lequel nous vivons venait à disparaître ? Pourrais-tu garantir que la tyrannie qui s’ensuivrait te laisserait indemne, dans la mesure où ce qui est aujourd’hui légal serait demain illégal et que les nouvelles lois liberticides seraient peut-être rétroactives ? Ce n’est en effet pas parce-que l’usage qui est fait des fichiers et des technologies de surveillance est aujourd’hui conforme au respect de nos libertés (je te rappelle que ce n’est pas là mon opinion, mais l’hypothèse dans laquelle je me suis placé d’emblée) que ce sera toujours le cas. La prudence impose donc, même dans ce cas, de se protéger de ces dispositions potentiellement liberticides.

Sortons maintenant de cette utopie, et intéressons nous au fond du problème. Fin des spéculations qui, je te l’accorde, peuvent parfois être douteuses. Posons-nous tout d’abord cette question : dans quelle mesure est-il acceptable d’être surveillé ? Nous ne pouvons éviter d’être surveillés, ne serait-ce que par nos pairs, et ce même dans l’utopie anarchiste. Il me semble que, pour s’assurer que tout un chacun voie ses droits respectés, il faut accepter d’être surveillé par l’ensemble de ses pairs, c’est à dire par un État de droit. Cependant, en considérant qu’il est impossible humainement que l’observateur n’influe pas sur l’observé, il faut se demander jusqu’à quel point de surveillance un État peut conserver le qualificatif « de droit ». Il me semble qu’il est possible de le reformuler en disant qu’il faut s’interroger sur le point de vigilance que peut atteindre l’État sans nuire aux libertés de ses citoyens.

Or, la Liberté inclut, il me semble, le fait de pouvoir disposer d’une vie privée pour commencer, et de pouvoir agir en dehors de chez-soi sans avoir à rendre de comptes, du moment que cela n’enfreigne pas les libertés d’autrui. Or, il me semble que le fait d’être surveillé en permanence, même voire surtout par des machines (je ne suis pas certain du mot à employer), ou par leur intermédiaire, signifie que l’on des comptes à rendre à l’entité qui les a installées, tout au moins selon cette entité. Cela peut à la rigueur être accepté dans un espace privé (mais pas nécessairement dans un lieu semi-privé comme un magasin), ou un endroit particulièrement sensible tel l’entrée d’une bijouterie. Mais en quel nom devrait-on avoir des comptes à rendre à qui que ce soit pour circuler dans un espace public, c’est-à-dire appartenant à tous les citoyens, donc à l’État ? Pourquoi devrions-nous avoir a-priori des comptes à rendre à l’État dans la mesure où nous en faisons partie ?

A vrai dire, il existe en fait un cas de figure où le citoyen a à rendre des comptes à l’État, et non l’inverse. C’est un cas de figure où le gouvernement se méfie de son peuple. Une telle situation n’apparait que dans une tyrannie, un lieu où les citoyens sont dépossédés de leur pouvoir légitime, où l’État de droit est mort. Je ne prétends qu’une république démocratique comme laquelle nous vivons versant dans les technologies de surveillance de masse soit nécessairement une tyrannie. En revanche, je le vois à la fois comme un symptôme et une cause de l’enclenchement d’un processus risquant d’y mener. Symptôme, car si les dirigeants commencent à se méfier du reste des citoyens, c’est qu’ils ont quelque-chose à se reprocher de ce point de vue. Cause, car le pouvoir ainsi obtenu sur la population doit sans guère de doute être grisant, et inciter à en vouloir davantage. C’est pourquoi nous devons prendre garde aux élus promouvant l’usage massif de telles technologies, et veiller à ne pas les réélire, car c’est un signe qu’il y a de fortes chances pour qu’ils aient d’ores et déjà trahi la confiance que nous leur portions au moment de leur élection, et qu’il est à craindre qu’ils n’en projettent une nouvelle

Taxe sur le Vice Ajouté, ou TVA

La TVA représente une part importante des revenus de l’État. Elle se trouve ainsi être l’un des impôts les plus importants au fonctionnement de la Nation. Soit. Mais il s’agit également de l’un des impôts les plus injustes qui soient. Elle est injuste, pour commencer, car elle ne participe pas à la redistribution des richesses. Le pauvre paie -en théorie- autant que le riche. Et le pire est peut-être que cette dernière phrase peut être considérée comme fausse. Mais pas, comme on pourrait le croire, parce-que, les riches achetant davantage de biens, de plus grande qualité, donc plus chers, dépensent en fait davantage que les plus pauvres. Non, il faut s’intéresser à la part de son revenu que dépense tout un chacun dans cette taxe.

Faisant cela, on s’aperçoit que le pauvre (terme ici employé au sens strict, et non en comparatif comme auparavant) est contraint, pour vivre de se défaire de la majeure partie de son revenu en biens de première nécessité, à commencer par les vivres, les vêtements, etc… En revanche, le riche (idem), une fois ces biens achetés, disposera encore d’une bien plus grande fraction de son revenu mensuel, même en achetant des biens de meilleure qualité. Certes, il va dépenser une autre partie de son revenu en divers bien n’étant pas de première nécessité, mais là se trouvent deux problèmes liés à la TVA. Le premier est que ces nouvelles dépenses sont son choix, car il n’est pas contraint d’effectuer ces dépenses. Le second est que, s’il gère son budget avec un minimum de sagesse, il pourra en conserver une partie par devers lui.

Je vais pour l’instant laisser de côté le premier problème, car il me semble qu’il sera plus aisé à traiter si tu as ce qui suit en tête. Le fait qu’il reste au plus riche une fraction plus importante de son revenu à la fin du mois fait qu’une fraction moins importante de son revenu est passée dans des produits soumis à la TVA. Dans le même temps, pour le plus pauvre, la quasi-totalité de son revenu est passé dans ces produits. La fraction des revenus imposée au plus pauvre est donc plus importante que celle imposée au plus riche ! La TVA se trouve donc être l’antithèse de l’impôt sur le revenu, dans la mesure où le plus on gagne d’argent, le moins on en doit à l’État ! Elle demande tend par conséquent à redistribuer aux plus riches le bien des plus pauvres.

Il te serait possible de contre-argumenter en prétendant que les riches ne dépensant pas leur revenu qu’en bien de première nécessité, se trouvent ainsi à payer pour le luxe. Mais le problème est qu’ils ont le choix. Certes, une vie sans loisirs est en vérité bien morne… mais elle est parfaitement vivable. Cette possibilité du choix rapproche tout au plus cet argument  de la charité. Or, l’État n’a rien à voir avec la charité. L’État n’est que législation, exécution et justice. Comme tu peux le voir, aucune de ces notions n’a quoi que ce soit à voir avec la charité. La charité est injuste. La redistribution des richesses est juste. C’est aussi simple que cela. Dans le meilleur des cas la TVA serait donc charité, donc toujours injuste…

Pour conclure, je te laisse deviner ce que je pense du candidat Nicolas Sarkozy et de sa merveilleuse idée d’augmenter la TVA de 1,6%…

De l’antithèse actuelle du libéralisme : le libéralisme économique

Je suis un libéral. Mais pas au sens où cela est généralement entendu. Ma première phrase augure, pour la plupart, d’un pamphlet véhément visant à inciter l’État à se retirer toujours davantage de l’économie. Mais je suis, au contraire, favorable à une forte présence de celui-ci dans celle-là. Comme je l’ai déjà mentionné, je suis libéral au sens originel du mot, c’est à dire que je suis en faveur de toutes les libertés, et pas seulement celle d’entreprendre, de posséder. Il me semble même, et peut-être est-ce un tort, que l’énonciation du droit à la propriété comme étant un droit inaliénable de l’Homme dans le dix-septième article la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen (DDHC) fut un tort. C’est certes un droit important, mais vaut-il l’égalité des Hommes entre eux ? Vaut-il la liberté d’expression ? Il eut à mon sens été plus judicieux de formuler cela ainsi : « Tout Homme a droit d’obtenir et conserver les moyens nécessaires à son existence ». C’est certes là une utopie, mais l’est-ce davantage que de prétendre que tous les hommes sont libres et égaux en droits, lorsque l’argent à certains d’obtenir une vie aisée, pour ne pas dire paradisiaque, en n’étant rien d’autre que des rentiers toute leur vie, c’est à dire sans jamais rien apporter d’utile à la société ?

C’est au nom des principes de ce dix-septième article que les États se retrouvent aujourd’hui pressés de se retirer des finances… Sauf lorsque tout va mal, auquel cas ils se doivent de renflouer sans trop de contre-parties les entreprises sur le point de faire faillite, à grands renforts de milliards d’unités monétaires. Sans trop de contre-parties, car ce serait, tu t’en doutes, une entorse à ce dernier article de la DDHC, du moins aux yeux des propriétaires de ces firmes chancelantes… Attends, ne vois-tu pas une contradiction ? Les propriétaires ? Méritent-ils seulement encore de posséder leur bien, alors qu’ils mettent même ce qu’ils ne possèdent pas au bord du gouffre ? Comment peut-on parler de spoliation lorsqu’une fraction importante, pour ne pas dire dépassant, de la valeur d’une entreprise, est avancée par l’État, c’est à dire théoriquement la société dans son ensemble, pour renflouer cette entreprise qui ne représente qu’elle même ? Ne serait-il pas juste que ces milliards, symbole d’un travail fourni par une nation entière, demeurent même sous une autre forme la propriété de cette même Nation ?

Mais le rachat de ces entreprises, qui se trouvent être d’importantes banques d’affaires, pivots du système capitaliste, serait une importante intrusion de l’État au sein de l’économie. Où va le monde si ceux qui possèdent les richesses doivent répondre devant l’État, théoriquement représentant de la totalité de la population, donc d’une immense majorité de personnes moins aisées ? C’est sous la forme de cette question que me semble présenté le problème du libéralisme économique, bien que ce soit avec d’autres mots plus… anodins. L’État pourrait se permettre de se désengager du système économique si nous vivions dans une utopie capitaliste, telle que pensée par les pères de ce système… Où il s’exercerait une concurrence saine et loyale, où il n’y aurait pas de pacte allant à l’encontre des intérêts des consommateurs, où les trusts ne pourraient se former, car les consommateurs eux-mêmes équilibreraient leurs dépenses entre les différentes entreprises… Une utopie disais-je.

En l’état actuel des choses, je constate qu’une économie dé-régularisée, pour ne pas dire déréglée, mène avant tout à une gestion à court terme de l’un des volets majeurs de la politique (car l’économie fait partie de la politique, mais pas l’inverse), qui ne peut elle-même mener à moyen terme, et on le voit actuellement par les crises qui se déroulent à l’échelle mondiale, qu’à un effondrement économique. Effondrement, si j’en crois mon intuition (je ne suis pas spécialiste) qui pourrait à terme s’avérer fatal à de nombreuses libertés. Pour être plus précis, un effondrement économique, par la misère qu’il engendre, contraint le peuple au désespoir. Or, un peuple désespéré risque fort de finir par faire quelque-chose d’immensément stupide, comme le ferait un individu. Il risque de défausser ses libertés les plus fondamentales au profit d’un peu de sécurité. Or, « un peuple qui est prêt à sacrifier un peu de sa liberté au profit d’un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finira par perdre les deux » (Benjamin Franklin, citation de mémoire).

Pour éviter cela, il suffirait de réguler suffisamment fortement le milieu de l’économie. Je ne parle pas d’un système communiste pour autant, dans la mesure où je considère qu’il ne sera possible de tenter de s’approcher de cette utopie qu’à condition d’avoir un peuple plus éduqué qu’il ne l’est aujourd’hui, et donc moins égoïste et plus à même de faire fonctionner correctement ce qui ne lui appartient pas malgré des sanctions économiques moindres à l’échelle personnelle le cas échéant. Je parle d’un système où un minimum de protectionnisme économique ne serait pas considéré comme une aberration (sauf pour la Chine, à laquelle personne ne fait rien remarquer lorsqu’elle s’y met, ou si faiblement que cela passe inaperçu), où les opérations visant à faire de l’argent par pure spéculation financière seraient toutes illégales, où il serait interdit par exemple de vendre un bien que l’on ne possède pas. C’est très probablement là encore une utopie, mais il me semble qu’il est d’ores et déjà possible de tenter de s’en rapprocher.

Le plaisir des dangereuses futilités

Les choses futiles sont dangereuses, cela est bien connu. Que ce soit les jeux de rôle qui dans les années 80 et 90 ont été poursuivis par une certaine catégorie de l’élite, accusés, sans le moindre fondement autre que les préjugés des dénonciateurs et leurs études biaisées, de provoquer violence et suicides chez ceux qui les pratiquaient, ou bien aujourd’hui des jeux vidéos, soupçonnés d’engendrer les mêmes maux pour les mêmes raisons, on leur reproche d’être source de malheur. Il en va naturellement de même avec l’alcool et le tabac, dont les effets nocifs sur la santé ne sont plus à démontrer. Celui qui s’adonne à ces vices est forcément coupable de quelque-chose, ne serait-ce que de s’y adonner. Mais n’est-il pas simpliste de reprocher ainsi au particulier ses agissements ?

Le sujet est vaste, aussi convient-il de le diviser. Quelque soit la division, elle sera convenable, opérons donc à une première séparation entre les futilités dont l’effet nocif est prouvé par des faits, des études reproductibles et vérifiables, et ceux dont la principale nocivité réside dans l’esprit de ses détracteurs. Si tu le permets, je vais commencer par cette seconde catégorie. Si cela ne te convient pas, libre à toi de toutes façons de passer quelques paragraphes. Cette catégorie regroupe en tout premier lieu les jeux de rôle et les jeux vidéos. Je trouve remarquable que des jeux puissent être considérés comme source de nuisances pour la société, alors que rien dans leur pratique ne met directement en danger tant celui qui les pratique que ceux qui l’entourent.

Voyons donc plus en détail ce qui leur est reproché. Il est dit que, coupant le joueur de la réalité et entraînant une addiction, ils entraînent des comportements dangereux, allant du suicide au meurtre, lorsque le joueur se retrouve confronté à la réalité. C’est là la principale explication de leur soi-disante nocivité. Et je l’affirme hautement et clairement, ce sont là des balivernes. Toutes les soit-disant études affirmant cela ont raison sur un seul point : ces pratiques éloignent de la réalité. Mais n’est-pas là le fondement même du jeu ? Ce qu’il y a avec ces catégories particulières de jeux, c’est qu’ils sont tout spécialement efficaces à cela. J’y vois pour ma part la marque de bons jeux, car cela signifie qu’ils sont les plus à même de remplir la fonction principale du jeu, à savoir éloigner de la réalité pour en faire oublier les soucis.

J’ai pourtant déjà annoncé, et je le répète, ces études sont biaisées. Elles sont biaisées car elles affirment que ces jeux développent une addiction chez le joueur. Elles en trouvent une uniquement parce-que c’est là ce qu’elles recherchent, à savoir le signe d’un malaise lorsque le pratiquant de ces jeux cesse d’y jouer. Pourtant, et je parle en toute connaissance de cause, la source de ce malaise n’est pas l’arrêt du jeu. Ce malaise était déjà présent, avant l’arrêt, juste assoupi par la pratique. C’est parce-que ce malaise n’est pas une conséquence du jeu chez les personnes qui le ressentent, mais une cause. Ce n’est pas parce-que je joue que je vais mal, mais parce-que je vais mal que je joue. Là est la nuance.

Tout le reste en découle. Cette souffrance ne peut-être totalement atténuée par le jeu, et finit, à l’usure, par provoquer un acte dangereux. Mais la source du mal ne se situe pas dans le jeu. Elle provient d’un désordre psychologique qui, s’il n’est pas soigné à temps, peut engendrer des comportements dangereux. Certes, l’assoupissement apparent de celui-ci par le jeu peut rendre plus difficile le diagnostique, mais c’est alors aux proches de ne pas se leurrer, et de faire leur possible pour aider le malade. Interdire ou restreindre l’usage d’un jeu revient à déresponsabiliser l’entourage, et tous les autres facteurs menant tout aussi directement, voire plus, aux éventuelles conséquences désastreuses. Tout au plus faut-il, dans le cas des jeux vidéos où nul maître de jeu ne s’adapte au public, restreindre l’accès aux mineurs les plus jeunes. Et là encore l’entourage, ou plus exactement les parents, se doit d’être vigilant aux indications fournies sur la boîte de jeu, qui renseignent sur l’âge recommandé.

Cela étant établi, passons aux futilités dont la dangerosité intrinsèque n’est plus à démontrer. Je pense ici en particulier aux drogues, légales comme le tabac ou l’alcool, ou illégales comme le cannabis ou l’héroïne, sans oublier celles réservées à un usage médical qui peuvent être détournées pour un certain plaisir. La première chose que je remarque, c’est que tout est ici avant tout question de dose. Il y a en effet une grande différence entre celui qui s’approche autant que possible du coma éthylique tous les soirs, et celui qui se contente d’un unique joint lors des grandes occasions. De ces deux personnes, celle qui met le plus en danger sa personne et ses semblables est manifestement la première. La division entre les drogues dont l’absorption est légale et celles dont elle est illégale me semble donc peu pertinente dans le cadre de ma réflexion.

Il me semble que cette question est avant tout une question de doses. L’alcool, dont j’ai présenté un usage dangereux ci-dessus, n’est pas plus dangereux que dans mon précédent exemple d’usage de cannabis, s’il est consommé avec mesure, par exemple avec un verre par repas, éventuellement un peu plus lors de grandes occasions, en prenant garde aux éventuelles interactions avec d’autres substances comme des médicaments, et en veillant à prendre n compte l’émoussement des réflexes qui survient rapidement. Cet usage est peut-être même bénéfique pour la santé, dans la mesure où certaines études ont montré une augmentation de l’espérance de vie chez ceux pratiquent ce régime (je ne sais néanmoins pas dans quelle mesure, étant donné que ce régime est souvent accompagné d’autres mets particuliers).

Il me semble y avoir ici deux facteurs principaux à prendre en compte : l’impact direct de la drogue sur la santé, et la facilité avec laquelle elle engendre l’addiction, avant même de considérer la gravité des symptômes de manque. Ainsi, si pour des drogues n’ayant qu’un impact limité sur la santé lorsque consommées avec modération (sans en être certain, je dirais que l’alcool en est un exemple), sans engendrer de dépendance notable, il me semble que l’éducation à un usage raisonnable soit préférable à l’incitation à l’arrêt de la consommation, il en va autrement pour les drogues plus virulentes. L’interdiction ne me semble néanmoins pas une solution, dans la mesure où cela ne fait que faire passer l’économie liée à leur commerce dans un plan illégal et caché, échappant au contrôle de l’État et surtout des médecins. Il me semblerait préférable de promouvoir des solutions de restriction plus ou moins grande en fonction de la dangerosité de la drogue à l’accès à celle-ci ; que ce soit en instaurant un système de rationnement, ou en limitant les zones où la consommation de ces drogues serait possible, ce qui permettrait dans les deux cas à l’État au niveau global et aux médecins au niveau des particuliers de garder un certain contrôle.

État et violence

J’ai précédemment évoqué les raisons et l’utilité de la violence sur un plan évolutif, bien que très partiellement. Cependant me diras-tu, quelle est l’utilité de celle-ci dans une société moderne et organisé par un État comme celle dans laquelle nous vivons ? J’ai déjà évoqué le premier élément de la réponse appelée en mentionnant les individus incapables de maîtriser leur violence, et devenant ainsi nuisibles à la société. Ces individus légitiment l’existence de forces faisant appel à une violence légale, comme la police. Il serait utopique d’imaginer s’en passer, dans la mesure où des esprit dérangés au sens clinique du terme risqueront toujours d’émerger ; or il est parfois impossible de les canaliser sans avoir recours à la violence.

Je pourrais également mentionner que, tant qu’existeront plusieurs États, chacun d’entre eux se devra d’entretenir sa propre armée, afin de dissuader les agressions de ses voisins. Un monde idéal s’en passerait, il est vrai, sans problème. Cependant quand bien même à un instant donné tous les pays du monde entier seraient dirigés par des humains sages et justes, répugnant à la guerre, ce qui aurait pour conséquence de rendre, en apparence, obsolète leurs armées, la sagesse même de ces hommes ferait qu’ils ne dissoudraient pas celles-ci. En effet, ce temps de grâce et de paix ne saurait durer indéfiniment. Tôt où tard émergerait, sans doute par la force, un mauvais dirigeant souhaitant contrôler le monde par la force, un conquérant. Si nulle armée n’est présente pour brider ses ambitions, la sienne parviendra aisément à ses fins et nous réunira tous sous son joug.

Telles sont les violences légitimes exercées par les États. Cependant, la violence juste ne saurait rester cantonnée entre les mains du pouvoir. Armée et police sont certes des moyens efficaces de protéger les citoyens, mais elles risquent à tout moment, entre les mains d’un tyran, de se transformer en un outil de restriction des libertés tout aussi efficace, si ce n’est plus. C’est pourquoi le peuple se devrait d’avoir à tout moment d’avoir les moyens de répliquer à une trop forte violence étatisée. C’est là le fondement de la fort critiquée liberté de posséder des armes aux USA. Pourtant, si elle est peut-être trop grande, cette liberté contient les mêmes fondements qu’un aspect de la mentalité américaine que je respecte et partage : une défiance extrême vis à vis du pouvoir politique.

Le principal problème posé ici est qu’en donnant au peuple la possibilité de se défendre contre une tyrannie par la violence, seul moyen d’y mettre un terme, on donne également aux quelques déséquilibrés qui perdureront éternellement de donner libre cours à toute leur violence, et de tuer bien trop aisément. Pour ce qui est de la violence physique, je n’ai aucune idée des restrictions qu’il est souhaitable d’appliquer pour conserver le contrôle d’icelle. Mon opinion est qu’elle n’est pas réellement indispensable : en effet, la structure extrêmement informatisée de notre société permet aux citoyens, s’ils sont suffisamment nombreux et formés, de se défendre de l’État sans avoir recours à une violence contre les personnes, mais directement contre les institutions.

Peut-être n’est-ce valable que dans les pays les plus riches et favorisés, mais l’informatisation des institutions et leur mise en réseau est à la fois une malédiction et une bénédiction. En effet, à l’heure actuelle, qui dit réseau dit Internet, ou réseau des réseaux. Dès lors qu’un système est connecté à Internet, il est vulnérable à une attaque par ce biais de n’importe où de la part de n’importe qui. Le meilleur système de sécurité au monde ne saurait prévenir ne serait-ce que d’une intrusion dans les systèmes, l’une des attaques les plus complexes. En effet, les systèmes permettant la mise en place d’une telle protection sont complexes, or plus un programme est complexe, plus il est probable qu’une erreur se glisse à un endroit où à un autre. Bien que je ne parvienne à retrouver ma source, il me semble même qu’il a été mathématiquement prouvé qu’au delà d’un certain nombre de milliers de lignes de code, tout programme contiendrait au moins une erreur.

Une attaque informatique menée par un petit nombre de personnes suffisamment formées peut donc s’avérer passablement handicapante pour une tyrannie fondant ses moyens de répression sur l’informatique. Il existe bien sûr d’autres moyens de s’en préserver, comme d’établir un réseau coupé d’Internet, mais ce sont là des mesures lourdes à mettre en place, et qui ne permettent pas la communication avec le reste du monde, laissant donc l’économie vulnérable. Dans le pire des cas, la coupure locale d’Internet (qui, si elle est possible en réalité ne devrait en principe pas l’être) afin d’empêcher les opposants d’agir, reste un pis aller. Un régime suffisamment affaibli pour mettre en place une telle mesures peut sans doute être renversé par des manifestations populaires, à condition que les manifestants aiment suffisamment la liberté pour mettre leurs vies en jeu, car une tyrannie, telle un animal, n’est jamais aussi dangereuse que lorsqu’elle est acculée.

La violence a donc une seule et unique légitimité dans une société moderne : nous protéger d’elle-même ; que ce soit entre les mains de l’État pour protéger ses citoyens des délinquants, ou entre les mains du peuple pour se protéger lui même de la tyrannie, quelque soit sa forme, de la plus abrupte et violente à la plus subtile et diffuse, de celle qui réprime par la violence physique en menaçant de mort ses opposants, à celle qui recourt à la peur pour dissuader toute tentative de la part de ses sujets d’user des libertés qu’elle prétend leur accorder. De ces deux formes de violence, la plus difficile à mettre en œuvre est celle provenant des citoyens, mais c’est aussi celle qui est la plus légitime, car elle n’a rien à voir avec la répression synonyme de restriction de liberté, à la différence de celle exercée par la police qui, si elle est fondée sur une nécessaire et normalement juste loi, demeure en son sens le plus fondamental, une restriction de la liberté, même si celle-ci est abusive.

Maux en tous genres ciblés

21 avril 2011 2 commentaires

Libéralisme : Le libéralisme est un courant de pensée de philosophie politique qui affirme la primauté des principes de liberté et de responsabilité individuelle sur le pouvoir du souverain.  (Wikipédia)

Si je te parle, lecteur, de libéralisme, sans doute penseras-tu à l’économie qui, selon certains, se doit de se libérer du carcan des États. Un un sens, tu auras raison, car tel est le sens qui lui est le plus souvent octroyé. Mais quelle atroce mutilation d’un concept pourtant si merveilleux à l’origine ! Cette idée qui prône l’amour des libertés individuelles ! Le libéral ne devrait pas être un économiste, mais un humaniste, souhaitant la souveraineté de chacun sur le fil de son destin, voulant l’amélioration de l’Humanité dans son ensemble. Liberté d’expression, liberté de réunion, liberté d’opinion, tels devraient être les maîtres mots de celui qui se dit libéral, et non la seule liberté d’entreprendre ! Cette liberté si étroite (car une société composée uniquement d’entrepreneurs ne serait pas viable), et n’étant même pas au rang des libertés fondamentales de l’Homme !

N’étant pas spécialiste de la question, je ne m’aventurerai pas à établir l’histoire de ce glissement de sens, pourtant sans doute aucun fort intéressant. En revanche, je peux lister les conséquences qui me viennent à l’esprit. Le premier et le plus évident d’entre eux est qu’il n’existe plus de terme précis pour désigner celui qui se bat pour la liberté de chacun. Certes, il lui est possible de se désigner comme un libéral, mais ce faisant, il s’expose à se trouver identifié à des idées et des comportements qu’il rejette. La seconde, c’est que celui qui défend la liberté d’entreprendre au détriment des autres libertés, même plus fondamentales, est considéré comme libéral, et non celui qui, plus épris de liberté, préfère encore sacrifier son esprit d’entreprise plutôt que de léser la liberté d’expression (au hasard) d’autrui. N’est-ce pas là un comble, lorsque l’on sait l’origine du terme ?

Une autre conséquence est particulièrement insidieuse : en effet, malgré le glissement de sens, il s’est conservé, tout au moins dans certaines catégories de la population, l’idée que le bon représentant du peuple se doit d’être libéral. Cette idée, on ne peut plus vraie à l’origine, s’est ainsi pervertie, perdant la majeure partie de son sens de départ. Cela, couplé au fait que les élites économiques, qui ont une meilleure éducation, ont également plus de chances de parvenir au pouvoir, et sont donc tentées de favoriser leurs semblables entrepreneurs. Cela se traduisant par exemple, mais pas seulement, par une dérégulation des modalités d’emploi (je pense ici très précisément au Cours Préparatoire d’Elite). Mesures qui, si elles sont en effet très favorables à la liberté de l’entreprise, le sont en revanche nettement moins pour celles de tout un chacun.

Je ne peux pas non plus m’empêcher de mettre ce glissement sémantique en rapport avec la tendance qui consiste à cesser de considérer que le service publique se doit, autant que faire se peut, de rendre service du mieux possible à la population, mais avant tout d’être rentable. Or, si la rentabilité est une nécessité, ce n’est vrai que pour les entreprises privées. Une entreprise privée a pour but de générer des bénéfices, avec une politique agressive visant à inciter les clients à s’offrir ses services. Seulement, à cause de son ampleur et de sa nature, un État juste ne se gère pas à la façon d’une entreprise. Les déficits, s’il y en a, se comblent par l’augmentation des recettes, donc des impôts. Seulement, nul n’apprécie de donner son argent gratuitement. Mais les impôts ne consistent pas en cela, ce n’est qu’une impression. Il s’agit en effet, avant tout de le partager. Nous bénéficions tous des services publics. Quant au fait que les plus riches soient plus lourdement imposés alors qu’ils ont moins besoin des services publics, il se justifie par la solidarité, laquelle assure toujours en partie la cohésion d’une société de la taille d’une nation.

Pourtant, nombreux sont les politiques qui prônent une réduction des impôts. Cela s’explique par de nombreux facteurs : le premier est l’impopularité des taxes en tous genres, aussi les réduire assure de plus grandes chances de se voir élu. L’autre provient du fait que les élus sont le plus souvent issus des classes les plus riches de la population, et ne se sentent solidaires qu’avec eux-mêmes et leurs amis possédant autant si ce n’est plus de richesses qu’eux. Si le premier facteur est excusable (ce ne sont que des promesses), le second est lui bien plus grave. Il s’apparente en effet à la corruption, car c’est une motivation contraire aux intérêts de la majorité qui a fait l’élu. Cela va de paire avec les politiques qui, tout en réduisant les moyens alloués aux services publics de base tels que l’éducation ou les soins, se permettant de multiplier commissions et autres organismes qui combinent systématiquement fonction obscure, membres proches du pouvoir, et salaire mirobolant de ceux-ci.

La corruption commence en effet dès lors que l’on favorise ses amis à l’aide des moyens alloués par une fonction publique. Il convient certes de récompenser ceux qui nous aident, mais avec des moyens qui nous appartiennent en propre, et non à l’aide de ceux qui nous sont prêtés par le peuple. Cela est d’autant plus vrai que l’amitié s’achète, entrant ainsi dans la corruption caractérisée. La corruption des dirigeants est le pire fléau que puisse subir un pays : en effet, ce sont tout ses citoyens qui en sont affectés. Un détournement de fond, par exemple, est difficile à repérer, et plus encore à récupérer. Il existe certes amendes et peines de prison pour ces délits, mais elles sont à mon sens plafonnées bien bas : ce sont là selon moi des crimes pires que le meurtre, qui ne touche lui qu’un nombre restreint de personnes (sauf exception), à savoir la victime et ses proches. Les peines encourues pour corruption se devraient d’être extrêmement lourde, non pour dissuader totalement, ce qui serait illusoire, mais pour que le ratio des risques de se faire prendre et de la peine encourus par rapport aux bénéfices que l’on peut en tirer soit en faveur de la société, et non du criminel.

Ne t’y trompes pas : si je fais l’apologie de la répression, c’est de la répression du pouvoir dont je parle, et plus précisément de ses abus. J’ai ici pris l’exemple de la corruption, mais tout abus de pouvoir, de quelque nature qu’il soit, se devrait à mon sens être puni de telle sorte que celui qui détient ce pouvoir le perde, et ne puisse jamais le récupérer. C’est là, je le reconnais, une position extrême, mais dont je ne peux me départir, tant ma méfiance vis à vis de tout pouvoir et mon dégout quant à la façon dont ils sont appliqués sont grands.