De l’antithèse actuelle du libéralisme : le libéralisme économique

Je suis un libéral. Mais pas au sens où cela est généralement entendu. Ma première phrase augure, pour la plupart, d’un pamphlet véhément visant à inciter l’État à se retirer toujours davantage de l’économie. Mais je suis, au contraire, favorable à une forte présence de celui-ci dans celle-là. Comme je l’ai déjà mentionné, je suis libéral au sens originel du mot, c’est à dire que je suis en faveur de toutes les libertés, et pas seulement celle d’entreprendre, de posséder. Il me semble même, et peut-être est-ce un tort, que l’énonciation du droit à la propriété comme étant un droit inaliénable de l’Homme dans le dix-septième article la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen (DDHC) fut un tort. C’est certes un droit important, mais vaut-il l’égalité des Hommes entre eux ? Vaut-il la liberté d’expression ? Il eut à mon sens été plus judicieux de formuler cela ainsi : « Tout Homme a droit d’obtenir et conserver les moyens nécessaires à son existence ». C’est certes là une utopie, mais l’est-ce davantage que de prétendre que tous les hommes sont libres et égaux en droits, lorsque l’argent à certains d’obtenir une vie aisée, pour ne pas dire paradisiaque, en n’étant rien d’autre que des rentiers toute leur vie, c’est à dire sans jamais rien apporter d’utile à la société ?

C’est au nom des principes de ce dix-septième article que les États se retrouvent aujourd’hui pressés de se retirer des finances… Sauf lorsque tout va mal, auquel cas ils se doivent de renflouer sans trop de contre-parties les entreprises sur le point de faire faillite, à grands renforts de milliards d’unités monétaires. Sans trop de contre-parties, car ce serait, tu t’en doutes, une entorse à ce dernier article de la DDHC, du moins aux yeux des propriétaires de ces firmes chancelantes… Attends, ne vois-tu pas une contradiction ? Les propriétaires ? Méritent-ils seulement encore de posséder leur bien, alors qu’ils mettent même ce qu’ils ne possèdent pas au bord du gouffre ? Comment peut-on parler de spoliation lorsqu’une fraction importante, pour ne pas dire dépassant, de la valeur d’une entreprise, est avancée par l’État, c’est à dire théoriquement la société dans son ensemble, pour renflouer cette entreprise qui ne représente qu’elle même ? Ne serait-il pas juste que ces milliards, symbole d’un travail fourni par une nation entière, demeurent même sous une autre forme la propriété de cette même Nation ?

Mais le rachat de ces entreprises, qui se trouvent être d’importantes banques d’affaires, pivots du système capitaliste, serait une importante intrusion de l’État au sein de l’économie. Où va le monde si ceux qui possèdent les richesses doivent répondre devant l’État, théoriquement représentant de la totalité de la population, donc d’une immense majorité de personnes moins aisées ? C’est sous la forme de cette question que me semble présenté le problème du libéralisme économique, bien que ce soit avec d’autres mots plus… anodins. L’État pourrait se permettre de se désengager du système économique si nous vivions dans une utopie capitaliste, telle que pensée par les pères de ce système… Où il s’exercerait une concurrence saine et loyale, où il n’y aurait pas de pacte allant à l’encontre des intérêts des consommateurs, où les trusts ne pourraient se former, car les consommateurs eux-mêmes équilibreraient leurs dépenses entre les différentes entreprises… Une utopie disais-je.

En l’état actuel des choses, je constate qu’une économie dé-régularisée, pour ne pas dire déréglée, mène avant tout à une gestion à court terme de l’un des volets majeurs de la politique (car l’économie fait partie de la politique, mais pas l’inverse), qui ne peut elle-même mener à moyen terme, et on le voit actuellement par les crises qui se déroulent à l’échelle mondiale, qu’à un effondrement économique. Effondrement, si j’en crois mon intuition (je ne suis pas spécialiste) qui pourrait à terme s’avérer fatal à de nombreuses libertés. Pour être plus précis, un effondrement économique, par la misère qu’il engendre, contraint le peuple au désespoir. Or, un peuple désespéré risque fort de finir par faire quelque-chose d’immensément stupide, comme le ferait un individu. Il risque de défausser ses libertés les plus fondamentales au profit d’un peu de sécurité. Or, « un peuple qui est prêt à sacrifier un peu de sa liberté au profit d’un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finira par perdre les deux » (Benjamin Franklin, citation de mémoire).

Pour éviter cela, il suffirait de réguler suffisamment fortement le milieu de l’économie. Je ne parle pas d’un système communiste pour autant, dans la mesure où je considère qu’il ne sera possible de tenter de s’approcher de cette utopie qu’à condition d’avoir un peuple plus éduqué qu’il ne l’est aujourd’hui, et donc moins égoïste et plus à même de faire fonctionner correctement ce qui ne lui appartient pas malgré des sanctions économiques moindres à l’échelle personnelle le cas échéant. Je parle d’un système où un minimum de protectionnisme économique ne serait pas considéré comme une aberration (sauf pour la Chine, à laquelle personne ne fait rien remarquer lorsqu’elle s’y met, ou si faiblement que cela passe inaperçu), où les opérations visant à faire de l’argent par pure spéculation financière seraient toutes illégales, où il serait interdit par exemple de vendre un bien que l’on ne possède pas. C’est très probablement là encore une utopie, mais il me semble qu’il est d’ores et déjà possible de tenter de s’en rapprocher.

TITITA TITUTU TIIIPATITITUUU

Me voilà maintenant inscrit (aaaaargh) sur Twitter (aaaaaaaaaaaaaargh). Et j’ai aussi maintenant un e-mail : folatreries at mailoo.org.

Le pourquoi de Twitter, c’est que certaines de mes réflexions sont trop courtes pour mériter une note à part entière, et que je pourrai ainsi les faire connaître au vaste monde malgré cela.

Le pourquoi du mail, c’est qu’il m’en fallait un pour l’inscription sur Twitter, que je n’avais pas envie de me servir de l’une de mes adresses personnelles, et qu’ainsi, il est possible de me contacter sans que tout visiteur de mon blog ne soit au courant.

Pourquoi ce titre ? Je ne sais pas. Quant aux interjections en début de cette brève note, sauras-tu déterminer à quel illustre personnage elles font référence ?

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Humanité de la réflexion

L’humain est un être social. L’humain cherche en conséquence à se reconnaître dans ses semblables, de façon plus ou moins consciente. Mais l’humain est un être conscient. La conscience est ce qui le différencie des autres animaux. Il se doit donc d’avoir conscience de ce qui l’entoure, de ce qu’il vit, des phénomènes se produisant autour de lui et en son sein. Sous peine d’être ravalé au rang de bestiole inconsciente. La réflexion crée l’humain, cela est autant vrai que son inverse, énonçant que l’humain crée la réflexion. Mais humain a dans ces deux sentences un sens différent. Dans la seconde, le terme humain désigne des caractéristiques génétiques, un code ADN exprimé à travers un corps. Dans la première en revanche, elle désigne un individu. Que cet individu aie le code génétique correspondant ou provienne d’une autre galaxie n’a que peu d’importance. Ce qui compte est la capacité de réflexion.

Un être humain est donc caractérisé par sa capacité à se penser, à s’analyser lui-même. Et quiconque est capable d’une telle chose se rapproche donc de l’être humain, et de très près, car il se trouve que cette capacité est ce qui permet de s’apercevoir de l’existence de ce qui est l’élément le plus constitutif de l’être humain, la Raison, et donc de se construire des raisonnements. Dans le cas d’une créature biologiquement non-humaine, mais humaine dans le sens où elle se trouve capable de réfléchir, les réflexions menant à la raison et donc les raisonnements eux-mêmes peuvent être radicalement différents, d’où une morale elle aussi entièrement nouvelle pour nous, humains biologiques. Mais pour peu que ces créatures soient suffisamment développées pour parvenir à obtenir la capacité de rationaliser, même religieusement, l’interdit de tuer un autre membre de sa propre espèce, interdit inscrit dans ce qu’il est convenu d’appeler l’instinct de chaque animal vertébré (et pour autant que j’en sache bon nombre d’invertébrés), qui sont communément considérés comme les plus complexes créatures vivant sur Terre, alors ils peuvent être considérés comme humains en un certain sens.

Une telle créature pourrait cependant, du fait de ses chemins de pensée radicalement différents des nôtres ne pas développer le raisonnement que je viens de tenir. Elle pourrait même se trouver dans l’incapacité totale de le comprendre. J’ai cependant bon espoir que nous soyons une espèce particulièrement violente, car ayant eu dernièrement des phases d’évolution où, du fait de notre technique, nous nous sommes trouvés sans rival ni prédateur sérieux autres que des groupes voisins. Ce qui aurait pu favoriser le reproduction des meilleurs guerriers, c’est à dire ceux chez qui l’instinct bridant la violence envers d’autres membres de la même espèce se trouvait le plus faible. Si nous venions à rencontrer une autre espèce dotée de capacités intellectuelles semblables voire supérieures, en tout cas point trop inférieures à celles dont nous sommes dotées, j’espère que la principale source d’agressivité sera notre espèce, ou qu’à défaut nous nous trouverons à égalité dans l’agressivité.

Il existe cependant, chez les invertébrés, certaines espèces telle la mante religieuse, où l’instinct évitant la destruction des membre de la même espèce est suffisamment faible pour que le mâle soit susceptible d’être dévoré par la femelle. Cela existant sur Terre, il est possible qu’une espèce intelligente surgisse quelque part avec un instinct aussi faible. Mais, bien que là encore ce ne soit qu’une espérance, je ne pense pas que cela soit très probable. En effet, la capacité de raisonnement demande d’énormes ressources. Il en va de même, à un degré plus important encore, pour l’édification d’une technologie susceptible de nous menacer. Les ressources nécessaires à cela se trouvent être infiniment plus faciles à accumuler par la coopération, donc par une certaine capacité à ne pas s’entretuer.

Je suis bien conscient de ne pas traiter ici de tous les cas de figure possibles et imaginables. Il y aurait par exemple celui d’une civilisation semblable aux fourmi, avec de multiples individus fonctionnant presque comme un seul, que je ne traite pas car il est si différent que je ne sais pas comment il pourrait se traduire avec une réelle intelligence. Et il en existe très certainement beaucoup d’autres, mais au moins ai-je traité ceux qui me venaient à l’esprit. Je demeure toutefois persuadé que certaines espèces non-biologiquement humaine pourraient prétendre à un titre semblable. Il convient néanmoins de préciser que si l’une d’elles venait à se montrer être une menace active à l’espèce humaine, nous serions en droit de nous défendre, car cette espèce serait en tort. Je ne suis en revanche hélas pas certain que l’espèce humaine ne se montre pas être une menace envers d’autres espèce pensantes. S’il me fallait me montrer catégorique, ce que je ne suis pas, je devrais même à contrecœur affirmer le contraire. Si cela venait à se produire, ce serait alors nous qui serions en tort.

Inexistence du destin et du libre-arbitre

9 janvier 2012 2 commentaires

Le terme de libre-arbitre représente la capacité supposée de l’homme à faire des choix. Cependant, en décrivant le corps et le cerveau humain comme des processus purement chimiques, la science le remet en cause. En effet, un scientifique connaissant l’état d’un système à un instant donné, et disposant des outils de calcul nécessaires est en théorie capable de prédire tous les états futurs de ce système. La description purement formelle du corps humain étant elle aussi théoriquement possible jusqu’au moindre atome, bien que la tâche soit, je te l’accorde lecteur, rigoureusement impossible à l’heure actuelle, il pourrait-être possible de prédire le comportement d’un individu depuis sa naissance jusqu’à sa mort. Nous serions donc prédestinés par les processus biochimiques qui nous gouvernent.

Cependant, raisonner de la sorte présente de graves lacunes. Pour commencer, pour pouvoir prédire les états futurs d’un système, il convient que ce système soit isolé. Or, un individu est tout sauf un système isolé. Il faut tenir compte de son environnement, à commencer par les autres individus. Je pourrais couper les cheveux en quatre et considérer que le seul système connu réellement isolé est l’univers pris dans son ensemble, mais je me cantonnerai à considérer la Terre et le système solaire, pour l’énergie que ses différents éléments transmettent à celle-ci, tant par le biais de la lumière émise par le soleil que de l’attraction gravitationnelle de celui-ci et des planètes, sans compter les possibilités de collision d’un météore. Afin de rétablir la possibilité qu’un destin existe, il nous faut donc modéliser au bas mot un système solaire.

Cependant, d’après la théorie du chaos, la moindre décimale d’une mesure peut rendre totalement imprévisible le comportement d’un système si elle n’est pas exactement mesurée. Sachant qu’il faut, pour prédire exactement le comportement de notre système, faire toutes sortes de mesures et de calculs sur des orbites plus ou moins elliptiques, donc de prendre en compte l’infinité de décimales impossibles à exprimer sous forme de fraction de Pi, notre tâche s’annonce difficile. Et tant qu’à parler des orbites, je tiens à préciser qu’il a été démontré qu’un système de trois éléments en orbite ou plus est, à partir d’un nombre n d’années totalement imprévisible. Au temps donc pour notre prétention à prévoir le destin de notre système solaire.

Considérons néanmoins que nous parvenons à la dernière décimale de Pi, décidons qu’il en va de même pour tous les nombres non-entiers du système, et cantonnons nous  sous la limite de n années précédemment évoquée. Il demeure toujours un problème d’une taille considérable. C’est que, vois-tu, j’ai conservé le plus épineux pour la fin. En effet, il n’est nul besoin de sortir des processus biochimiques de l’individu pour lui nier un destin. En effet, ces processus mettent en cause seulement quelques poignées de molécules. Ces molécules sont composées d’atomes, et parmi ces atomes, une part bien précise est instable. Or, il est strictement impossible de prévoir quand un atome radioactif va se désintégrer. Et ici intervient de nouveau la théorie du chaos précédemment évoqué : ces quelques atomes radioactifs vont rendre totalement inconnues d’infimes décimales, et rendre le système constitué par l’organisme, même parfaitement isolé, totalement imprévisible.

Je pourrais avancer encore d’autres arguments, mais le fait est déjà établi : le destin n’existe pas. Cependant, je n’ai pas pour autant établi l’existence du libre-arbitre. Ce n’est en effet pas parce-qu’il est absolument impossible de faire autre chose que de mesurer les états du système que représente l’humanité que nous avons la possibilité de choisir ce qu’il advient de nous. Je vais être franc avec toi, lecteur : si j’espère disposer d’un réel libre-arbitre, voici des éléments qui m’en font douter : l’état de superposition quantique, et la théorie de la relativité restreinte. Je vais commencer par la seconde, qui me parait plus simple, et me permettra d’introduire la première, qui me semble plus forte.

D’après la théorie de la relativité, l’espace et le temps ne font en effet qu’un. Le temps n’est qu’une dimension comme les autres quoiqu’un peu particulière, dans la mesure où il n’est possible de ne s’y déplacer que dans un sens. A moins, peut-être, de se transformer en anti-matière, mais dans notre monde de matière, cela n’est guère recommandé. Et c’est justement cette éventualité que l’anti-matière ne soit que de la matière remontant le temps qui me fait douter du libre-arbitre. Car, si l’anti-matière provient du futur, c’est que ce futur existe déjà. Et qu’il est donc sans doute impossible de le changer. Certaines hypothèses visant à remplacer les théories d’Einstein (qui énonçait lui-même qu’elles étaient incomplètes) proposent même de se passer de la notion de temps.

Le libre-arbitre semble donc ne pas exister davantage. Mais, si le temps n’est qu’une illusion, peut-on pour autant considérer qu’il existe un destin lié à l’Univers ? Car d’un part, la notion de destinée inclut celle d’un but, d’un dessein, totalement absente de l’interaction entre les différentes formes d’énergie, matière incluse. En réalité, ce qui me déplait dans cette notion de destinée, c’est le fait qu’elle considère le temps d’une façon mystique. Alors que je pourrais de façon totalement non-objective et personnelle le qualifier de « dimension non-symétrique » : en effet, il a été démontré qu’une même cause, selon le « sens du temps » dans lequel elle s’exerce, n’a pas les mêmes effets. Et ce serait la seule particularité du temps, mis à part que nous, choses organisées, ne sommes capables de n’y voyager que dans un seul sens, comme portés par un courant contre lequel nous n’aurions aucun moyen de lutter, ce qui n’est pas le cas des particules telles que les protons, neutrons et électrons.

Là où je veux en venir, c’est que si tu tiens absolument à considérer que soit le destin soit le libre-arbitre existent, alors il me semble qu’il vaut mieux que tu considères le destin comme la meilleur option, mais rigoureusement dépourvu de ses attributs mystiques comme celui de donner un but à toute chose.

Cela n’est cependant pas une certitude, et il convient de se rappeler que même si cela l’était, l’existence de sentiments humains tels que la peur, la souffrance, la colère ou bien la joie, le plaisir, l’amour est elle bien avérée, et bien plus proche de notre quotidien. Et surtout, même mise sur des rails, la Raison prime. Le crime reste condamnable par celle-ci, et le fait que le destin existe éventuellement ne doit pas oblitérer cela.

Humanité de la divinité ; divinité de l’humanité

30 septembre 2011 4 commentaires

L’homme aime à s’inventer des amis imaginaires. Pardon, des dieux. Les caractéristiques du dieu actuellement le plus couramment vénéré sont l’immortalité, la toute-puissance, l’omniscience, l’omniprésence. Voilà des aptitudes peu communes en vérité. Mais, vois-tu, je pressens qu’elles sont bien plus humaines et ennuyeuses qu’il n’y parait. La principale origine de ce pressentiment est que le dieu de chacun est un dieu qui lui ressemble, qui est proche de lui. Ainsi, les grecs voyaient les leurs sur le mont Olympe, en Grèce. Mais les dieux sont proches de nous par bien d’autres façons. Ils ont en effet une tendance prononcée à nous ressembler physiquement. Soit-disant parce-qu’ils nous ont créé à leur image. Ah ! La bonne affaire. Les dieux sont donc imparfaits.

Physiquement tout d’abord : il y a de nombreuses choses qui pourraient être plus adaptées chez l’être humain. La vue pour commencer. Nous avons une tare fort répandue dans le règne animal : nous n’avons que deux yeux. Cela présente l’inconvénient de ne pouvoir fournir qu’une vision panoramique, ou une vision en profondeur, au choix. Mais pas les deux à la fois. En autres exemples, je pourrais également citer les organes dits vestigiaux, comme notre coccyx, nos cinquièmes orteils, divers muscles atrophiés à l’instar de ceux qui nous servaient à faire se mouvoir nos oreilles, de façon utile j’entends, car si je sais personnellement les faire bouger, cela ne m’est que de très peu d’utilité. Tout cela fait que, si dieu il y a et que celui-ci nous ressemble, il est alors fort loin d’atteindre la perfection que nous lui donnons.

Mais, même dans ses attributs plus mystiques que son apparence, le dieu des religions monothéistes me semble fort humain. En effet, ses capacités d’omniscience, de toute puissance et d’éternité ne sont rien moins que ce à quoi aspire l’humanité toute entière. Ce sont certes là des attributs extraordinaires, mais ils n’ont rien d’inimaginable par l’être humain, du moins dans la vision naïve de l’univers qu’avaient les hommes encore relativement primitifs qui inventèrent Dieu. La divinité est donc un concept qui ne saurait être plus humain, tant il est facile de s’identifier à nos dieux. Être divin, c’est dons être très humain. Par opposition le Dieu des philosophes, c’est à dire le concept que ceux-ci manipulent, est très différent des dieux vénérés, par le fait qu’il a des objectifs inconnus, une apparence tout aussi mystérieuse, et que nul ne sait même s’il a les uns ou l’autre. Cela pourrait-être un contre-exemple réfutant la thèse que je viens d’évoquer, car il est extrêmement difficile de s’identifier à une telle entité. Cependant, elle n’est à mon sens appelé Dieu qu’à défaut de meilleur terme, car elle ne désire ni ne reçoit aucune vénération, et aucun culte n’est organisé pour elle. Sous ce point de vue il ne s’agit donc pas d’un réel contre-exemple.

Mais, si les dieux sont humains, c’est à dire qu’être un dieu implique une part d’humanité, la question de l’équivalence se pose : être humain n’implique-t-il pas une part de divinité ? Le fait est que l’humanité a aujourd’hui des capacités, de par sa technologie, qui s’apparentent à ce qui était lors de l’antiquité, et donc de la création des déités modernes, du domaine du divin. Certes, nous ne sommes pas tout-puissants, et encore moins omniscients, mais certaines de nos technologies nous permettent de nous en approcher. Ainsi, nous sommes capables d’adapter des milieux à nos besoins dans une mesure jamais vue auparavant dans l’histoire du vivant, allant même jusqu’à pouvoir dans une certaine mesure séjourner dans le milieu le plus hostile qui soit à la vie : l’espace. Par les techniques de télécommunications modernes, nous pouvons être informés d’évènements se déroulant à l’autre extrémité de notre planète sans avoir à bouger, et en une durée si brève qu’elle équivaut à l’instantanéité à notre échelle de vivre le temps. Un exemple que j’aime à citer, lecteur est que, si un homme aux antipodes de toi s’adresse à l’un de ses amis situé à une centaine de mètres de là, en ayant un micro relié au système adéquat près de la bouche transmettant cela à ton poste de radio, alors à condition que tu sois suffisamment proche de celui-ci, tu entendras l’appel de cet homme avant son ami.

Ces deux exemples de la possibilité, même limitée,  de vivre dans l’espace, et des capacités de nos moyens de télécommunication, me semblent s’apparenter respectivement à l’omnipotence et l’omniscience, à des degrés certes très faibles, mais néanmoins certains, d’autant plus qu’il est certain qu’il est possible d’améliorer encore cela. Ces capacités quasi-divines que nous confère notre technologie n’est cependant pas la seule chose qui me fait penser qu’il existe une équivalence entre humanité et divinité, bien qu’elles soient les plus concrètes. La capacité de réflexion de l’homme me ferait dire cela, même en l’absence de toute trace de technologie moderne. Le simple fait d’être capable de se rendre compte que l’on pense ouvre des capacités menant inévitablement soit à l’auto-destruction d’une espèce par une trop grande hostilité intra-spécifique ou une trop grande irresponsabilité couplée à de trop grandes connaissances du monde, soit à des capacités plus divines encore que celles que nous possédons actuellement, par un accroissement des connaissances toujours plus importante et souhaitable.

Nous rôtirons tous en Enfer

8 juillet 2011 2 commentaires

A en croire les religieux d’obédience judéo-chrétienne, il existerait un enfer où, après notre mort, nous irions rôtir si nous n’avons pas été assez bons. La première condition pour éviter cela serait de croire de la bonne façon en le bon dieu (chose compliquée une fois prise en considération la multiplicité des dieux et façons différentes d’en vénérer un seul), et accessoirement de ne pas commettre trop de péchés. Parmi ceux-là, il en est un qui m’intéresse tout particulièrement, le péché d’orgueil. C’est là l’un des péchés capitaux, l’un des plus graves qui soient. Considérons maintenant les différentes formes de croyances. La plupart ne m’inspirent que le qualificatif de bénignes et inoffensives, mais il en est d’autres qui sont autrement plus agressives. Leurs pratiquants se considèrent comme détenant la vérité ultime, et que donc tous les autres ont tort. Et entre autres que tous ceux qui les contredisent sont au mieux manipulés par un démon, au pire en sont carrément, en passant par la case de la possession. Et ce sont les plus farouches défenseurs de l’existence de l’Enfer, et des conditions précédemment évoquées pour y entrer.

Et ici, vois-tu, lecteur, je décèle un problème, et non des moindres. Car en effet, il se trouve que pour continuer à soutenir que l’on détient la vérité universelle, envers et contre tout et tous, sans jamais douter un instant, il faut une bonne dose d’orgueil. Fait amusant, selon ces gens là, le doute est également un péché grave, même si non-capital. Je suppose que tu vois comme moi le piège se refermer. Si l’on ne croit pas à leur façon, on est d’essence démoniaque, et donc bon pour l’Enfer. Mais, ce qu’ils oublient de mentionner, c’est que si l’on croit selon leurs dires en les respectant à la lettre, on commet un péché capital, et se retrouve donc tout aussi près d’aller en Enfer. Et la position intermédiaire n’est pas permise, car c’est selon eux se moquer de leur dieu et se retrouver, encore une fois, destiné aux flammes infernales. Le Paradis auquel ces religieux aspirent avec dévotion est donc inatteignable, quelque soit la posture d’esprit que l’on adopte.

Fait intéressant, ce sont souvent ces mêmes gens qui dénoncent l’athéisme comme étant la source de vices, arguant sans fondements que seule la religion est source de morale. Outre le fait que, bien que farouchement athée, je dispose d’une morale, le raisonnement que j’ai tenu ci-dessus me permet de leur retourner la leçon. Si la principale motivation pour faire le bien autour de soi est d’aller au Paradis plutôt qu’en Enfer, et que cet objectif est comme nous l’avons vu inatteignable, alors, à quoi bon faire le bien autour de soi ? Autant se faire plaisir durant le bref laps de temps sur terre qui nous est alloué, et faire ce que « bon » nous semble. Après tout, Dieu ne nous a-t-il pas accordé le libre-arbitre ? Et si libre-arbitre il y a, alors autant s’en servir. Et tant pis pour les autres. En revanche, le rationalisme tant décrié par ces religieux peut fonder sa morale sur l’immortalité par le biais de sa progéniture, et la survivance ainsi assurée de son génome. L’humain ne pouvant survivre seul, il nous faut donc pour assurer notre survivance respecter l’autre dont notre survie dépend…

Trêve de mauvaise foi, si l’humain fait preuve de morale, ce n’est nullement par un raisonnement abstrait, mais par ses gènes bien concrets ! La survie d’une espèce dépend en partie de la capacité de ses membres à ne pas s’entretuer. Au niveau de l’individu, seul qui compte vraiment, cela signifie que celui-ci a de meilleures chances de survie s’il ne risque pas (trop)  de se faire massacrer par l’un de ses congénères lors d’une lutte territoriale. Partageant, de par la proximité des ancêtres, son génome avec ceux-ci, l’individu évite également de tuer ou mutiler son semblable. Cela peut sembler absurde et trivial, mais c’est là le fondement de la société. En effet, avant de songer à fonder une société, il vaut mieux que ses membres évitent de s’entretuer. Plaisanterie à part, c’est parce-que l’évitement du meurtre du congénère passe par une ritualisation de l’oscillation entre envie d’agression du congénère et peur de celui-ci, qui finit par être codée dans le génome. Une fois cette étape franchie, la partie « peur » du geste prend une signification d’apaisement du semblable agressif, ce qui dans certains cas permet la formation d’une société. Cela est confirmé par certaines déficiences d’origine génétique qui empêchent certaines personne de ressentir des remords, et ce de façon physiologique.

Cependant, cela ne suffit pas à expliquer la totalité des comportements composant la morale, et surtout la disparité de ce qui est considéré comme moral entre des cultures différentes. C’est là une autre forme de ritualisation, non plus fondée sur le génome, mais sur les capacités cognitives relativement développées de l’humain. Le processus est pour ainsi dire quasiment identique, bien que plus rapide, et crée des contraintes tout aussi fortes. Cela a été confirmé par des expériences sur des animaux sociaux évolués tels que les oies. A force de reproduire un même comportement, l’individu peut finir par développer des symptômes de manque s’il ne peut plus, ou s’il oublie de les effectuer, se traduisant par une grande angoisse et une forte agitation fort semblables à ce que nous ressentons lorsque nous savons avoir commis une faute. Et tout comme le génome, ces comportements sont transmis à la descendance de celui qui les développe par le biais de l’éducation. Ainsi, la plupart des êtres humains se comportent de façon morale non par choix, non par crainte, non par rationalisme, mais parce-qu’ils sont incapables d’agir autrement. C’est mon cas, et sans doute est-ce le tien. Même si la morale peut varier selon les individus, le code d’honneur d’un petit voyou pouvant ici y être assimilé.

Notre libre-arbitre n’est donc pas absolu, car nous sommes tout autant contraint par nos gènes que par notre éducation. La morale n’a rien de divin, elle peut être expliquée par des processus biologiques et physiologiques, et si nous la respectons, c’est parce-que nous sommes dans la plupart des situations incapables de faire autrement. J’ai tendance à me méfier de celui qui annonce suivre les règles de la morale par respect pour un quelconque dieu, car celui-là n’est rien d’autre qu’un hypocrite. Il ne te respecte probablement pas parce-qu’il en ressent la contrainte de lui-même, mais par la contrainte « extérieure » de son dieu. Cet individu a complexifié le processus menant à la morale en y rajoutant un dangereux intermédiaire : celui de la religion. Car il convient de ne pas oublier que, si la religion peut mener effectivement à la morale, nombreux sont ceux qui ont tué et sont morts en son nom. Un extrémiste religieux sera plus prompt à souhaiter la mort de quelqu’un ne partageant pas ses croyances que d’un autre. La religion est source de morale, parce-qu’elle est exhausteur de violence et doit pour sa survivance s’assurer que ses fidèles ne se massacrent pas entre eux. Les infidèles en revanche…

Idées quant à origine de l’obstination du concept de la Création

S’il est une chose qui m’atterre, c’est bien la faculté de certains croyants à s’agripper à leurs convictions comme des rats à une planche flottante suit à un naufrage. Ce naufrage, ce n’est même pas celui de l’idée de leur dieu, mais celui de la conviction d’un monde aux limites intelligibles par l’être humain autrement que sous la forme de chiffres. L’assertion courante selon laquelle les scientifiques ajoutent des millions d’années à n’importe quoi pour faire passer n’importe quelle hypothèse en est la preuve flagrante. Un million d’années, c’est une durée fort brève. Certes, ce sont aussi des milliers de générations d’êtres humains, mais le fait que nous soyons des observateurs éphémères ne fera pas plier la réalité pour mieux se rapprocher d’une conception concrète de ce qui nous entoure.

Le principal angle d’attaque de ceux qui s’obstinent à vouloir qu’un dieu aie créé l’univers de la façon décrite dans un livre plurimillénaire recopié d’innombrable fois à partir d’une tradition orale elle-même plus ancienne encore, c’est la théorie de l’évolution, formulée pour la première fois par Charles Darwin. Sans doute est-ce parce-qu’elle remet en cause le statut privilégié que l’homme aime à se donner par rapport aux autres animaux, donnant l’impression de nous rabaisser à égalité avec eux. Je dis bien l’impression, car une théorie ne fait qu’énoncer un fait, si elle invalide une croyance antérieure, c’est que la dite croyance était erronée, le fait a toujours été vrai. En clair, la théorie de l’évolution ne nous rabaisse pas, elle nous montre juste la vérité, en nous arrachant le piédestal illusoire que nous nous étions construit.

Les créationnistes, puisqu’ils sont ainsi appelés, tentent de réfuter la théorie de l’évolution par un certain nombre d’arguments n’ayant de scientifiques que l’apparence, et pouvant se résumer ainsi : « Puisque je ne peux imaginer comment cela s’est produit, c’est que Dieu y est intervenu ». Le plus courant de ces arguments est celui de la complexité irréductible. Je me suis ainsi déjà fait arguer qu’une chauve-souris avec une aile à demi-formée ne serait qu’une proie facile pour les prédateurs, ne pouvant ni vraiment voler ni vraiment courir. Argument démontrant avant tout l’abjecte stupidité de l’énonciateur (non, je n’ai nulle obligation d’être poli, je préfère être honnête). Il m’est en effet aisé de trouver un exemple d’adaptation en cours au vol : l’écureuil volant. En se basant sur cela, je peux imaginer que les proto-chauves-souris étaient arboricoles, et qu’elles ont peu à peu développé les doigts et les membranes de leurs pattes antérieures, leur conférant une capacité de saut plus grande, tout en leur permettant de continuer à courir confortablement, jusqu’à être capables de voler pleinement, moment auquel les parties du corps servant à la marche s’atrophient au profit de celles servant au vol. J’ai en fait depuis lu un article mentionnant que l’inhibition d’un gène et une légère modification d’un autre permettaient la formation d’une aile pleinement formée, donc apte au vol pourvu que les muscles suivent.

Les systèmes irréductiblement complexes existent pourtant. Je traiter ici du cas général. Il s’agit d’un système comportant plusieurs éléments, et ou la destruction ou la modification du moindre élément rendent le système inopérant et inutile. Sur ce point, je suis d’accord avec les créationnistes, de tels systèmes existent. Et c’est bien le seul. Car je clame, contrairement à eux bien sur, que de tels systèmes peuvent avoir été conçus par le biais de l’évolution naturelle. Et je le montre (toujours dans le cas général). Prenons un système quelconque accomplissant une tâche quelconque. Par le biais des mutations, certains éléments deviennent redondants. ces redondances étant favorables à l’individu les présentant (dans le cas d’un capteur, lui donnant plus de précision), elles sont conservées. Nous obtenons donc une espèce avec des redondances. Par une nouvelle mutation, l’une des occurrences s’active sous condition que l’autre soit aussi activée (ce qui permet par exemple une économie d’énergie). La liaison entre l’activateur et la suite de la chaîne devient inutile et peut disparaître. Cela forme un système irréductiblement complexe. Qui a évolué naturellement.

Un autre argument montrant l’ignorance scientifique des créationnistes est l’appel aux lois de la thermodynamique, la deuxième loi pour être précis. Celle-ci statue que l’entropie d’un système (ou désordre pour simplifier) tend à s’accroître avec le temps, et que les systèmes ordonnés requis pour la formation de la vie et l’augmentation de l’ordre requise par l’évolution briseraient ce principe. Si l’on se contente de la biosphère, cela est vrai. Seulement, on ne le peut pas, cette loi n’étant valable que pour des systèmes isolés. Or, il se trouve qu’aucun système n’est réellement isolé, à part, peut-être, l’univers pris dans son ensemble. De façon plus concrète, l’entropie globale du système auquel la vie appartient augmente par le biais du soleil, dont l’apport en énergie est tout sauf négligeable, et par celui de la chaleur de la Terre elle-même, ce qui a pu être capital durant les premières étapes du cheminement de la vie.

Le grand problème, c’est que peu importe le nombre de fois où les créationnistes se verront réfuter leurs soi-disant arguments scientifiques, ils resteront fermement ancrés dans leurs convictions. Car celles-ci ne font pas appel à la raison, mais à la foi. Mais il leur reste un autre angle d’attaque. Celui de la philosophie et plus précisément de la métaphysique. C’est là un refuge d’où ils peuvent ignorer les preuves scientifiques apportées à la théorie de l’évolution. L’argument le plus mauvais et le plus courant employé est que la théorie de l’évolution prétend que la vie est apparue par pur hasard. C’est là une assertion fausse, cette théorie n’émettant aucun postulat quant à l’origine de la vie, ne s’intéressant qu’à la façon dont elle se comporte une fois qu’elle existe, quand bien même ce serait un dieu tout puissant qui l’aurait fabriquée de toutes pièces.

La vérité est que la science ignore encore pour l’instant l’origine exacte de la vie, mais plusieurs hypothèses non-encore invalidées, bien que pas encore validées, ont été émises. Ces hypothèses visent à concevoir une théorie dite de l’abiogenèse, radicalement différente de celle de l’évolution, bien que pouvant éventuellement s’appuyer sur certains principes de celle-ci. Oui, j’affirme haut et clair que j’ignore d’où provient la vie. Mais, si tu te renseignes sur la théorie de l’abiogenèse, tu verras qu’il n’est pas impossible d’imaginer des scenarii où la vie apparaîtrait spontanément, se complexifiant ensuite par le biais de la combinaison des mutations et surtout de la sélection naturelle.

Une fois battus en brèche sur ce point, les créationnistes sortent du domaine des sciences de la vie, pour s’intéresser à la physique elle-même. Ils se mettent à prétendre que l’univers a un commencement montré par la science elle-même, qu’il est trop finement réglé pour permettre l’apparition de la vie pour que cela se produise par hasard, et que cela nécessite une conscience supérieure capable, tout d’abord de créer cela, ensuite de le régler correctement. Cette assertion est fausse, ne serait-ce que parce-que la science ne dit nullement que l’univers a un commencement. Ce qu’elle dit, c’est qu’il a connu une période extrêmement dense et chaude où son expansion était très rapide. C’est là la définition correcte du Big Bang. En théorie, il y a bien un instant où l’univers est infiniment dense et chaud, et infiniment petit. C’est ce que l’on appelle une singularité. Pour commencer, cela ne signifie rien, car cette singularité a très bien pu n’être elle-même qu’une phase de l’évolution de l’univers.

Ensuite et surtout, cette singularité ne se serait produite que si les lois de la physique restaient identiques dans le temps. Or, il se trouve qu’elles changent. Exprimé de façon plus rigoureuse, il nous faudrait une théorie de la gravité quantique. En effet, la gravité telle que nous la formulons dans la théorie de la relativité générale ne tient pas compte du principe d’incertitude de Heisenberg. Or, il se trouve qu’à partir (en remontant de le temps) d’un instant dénommé temps de Planck, l’influence du principe d’incertitude sur la gravité devient non-négligeable, à cause de l’extrême densité de l’univers. Pour percer cette barrière, il faudrait une théorie où la gravité prendrait en compte le principe d’incertitude, fusionnant la théorie de la relativité et la théorie quantique en une théorie que j’ai déjà nommée, dite théorie de la gravité quantique. En résumé, nous ne savons pas d’où provient l’univers.

Cependant, il existe ce que je me plais à appeler des embryons de théorie, dans la mesure où ces théories n’ont pas encore été validées par l’observation de leurs prédictions. La plus prometteuse à l’heure actuelle est la théorie des super-cordes, bien que ce ne soit pas la seule. Elle est en tous cas suffisamment prometteuse pour avoir motivé la construction du LHC afin de mener les expérience nécessaires à sa validation. Il se trouve que cette théorie, comme toutes les autres théories de la gravité quantique, prédit l’existence de quelque-chose avant le Big Bang, en l’occurrence des branes flottant dans un espace-temps plus vaste, à davantage de dimensions.

Je l’avoue, cela fait en vérité beaucoup de choses que nous ignorons. Mais nous ignorons beaucoup moins de choses qu’il y a un siècle, ou qu’il y a mille ans. Les hommes voyaient autrefois en la foudre un phénomène divin, et nous savons aujourd’hui qu’il ne s’agit que du résultat de la différence de potentiel entre les molécules chargées des nuages et le sol, ce qui est un phénomène parfaitement naturel. S’il avait fallu brûler tous ceux qui émettaient des hypothèse autres que celle de la colère de Zeus, nous n’en serions pas là où nous en sommes aujourd’hui. Mettre le surnaturel derrière chaque évènement dont on ne parvient pas à imaginer d’explication rationnelle est une marque d’abjecte stupidité. Dieu, c’est la mort de la pensée scientifique. Sans compter l’orgueil que représente le fait de prétendre tout savoir à l’aide d’une seule explication.