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Quadrangulation Politique

La politique est un sujet complexe. Elle l’est tellement qu’il est peu probable que ne serait-ce que deux personnes de par le monde aient exactement la même opinion à ce sujet. Et ce même il est certes indéniable que dans la mesure où des groupes de réflexion existent à ce sujet, ainsi que diverses formes d’unions afin de modifier l’orientation de la Chose Publique, partis ou lobbies. Ceux-là ne sont en effet que le regroupement de personnes partageant des opinions similaires mais ne pouvant être strictement identiques en tous points.

Typiquement, les partis politiques, auxquels je me cantonnerai par souci de simplicité, sont catégorisés en fonction de leur position sur un axe opposant la « gauche » à la « droite » ; idées que l’on pourrait respectivement décrire comme étant « le bonheur de tous permet le bonheur de chacun » et « le bonheur de chacun fait le bonheur de tous », « tous » étant « l’ensemble des individus », et « chacun » étant « chaque individu pris séparément ». Mais cette classification me semble fort limitée. Pour prendre un exemple simple, il est courant de considérer les deux extrémités de cet axe comme étant le même point, bien que ce ne soit pas là mon avis comme je m’en vais l’expliquer.

 

Cercle rouge

Cercle circulaire

 

Pour rendre compréhensible mon raisonnement, il me parait plus clair de personnifier ces extrêmes par des personnages historiques bien connu, Staline à gauche et Hitler à droite. Suivant l’affirmation précédemment énoncée, avec laquelle j’ai déjà énoncé mon désaccord, ces deux personnages historiques sont situés en un même point, qualifiable « d’extrême ». Mais, cette représentation du spectre politique serait sans doute représentée par un cercle, laquelle figure géométrique se trouve non plus en une mais en deux dimensions. Or, dans la mesure où tout autoritaires qu’ils soient, Staline et Hitler n’en avaient pas moins des différences de vues sur le monde, il me semble que l’usage d’un certain outil mathématique devient évident.

Cet outil est appelé repère cartésien, à deux dimensions pour l’instant. En considérant l’axe des abscisses comme l’axe gauche/droite et celui des ordonnées comme représentant les idéaux politiques allant de la totale décentralisation du pouvoir à sa centralisation complète entre les mains d’un seul hommes, on obtient à mon sens un outil de catégorisation politique bien plus puissant et précis. Pour reprendre les exemples que nous avons précédemment utilisés, si Hitler et Staline sont effectivement très éloignés sur l’axe « gauche/droite », dans la mesure où ils disposaient des pleins pouvoirs au sein de leur régime, ils se trouvent peu ou prou au même point sur l’axe « acentral/central ». On obtient donc bien un résultat tenant compte à la fois de leurs similarités et de leurs différence. Nous pouvons en conséquent, et sans trop nous avancer, en déduire que cette représentation est bien meilleure qu’un simple axe « gauche/droite ».

 

Sphère sphérique

Nous y venons enfin

Maintenant, permets-moi de te poser une question, lecteur, toute rhétorique soit-elle : devons-nous reposer maintenant que nous sommes parvenus à identifier un axe d’analyse supplémentaire ? Je ne le pense pas, car déjà je perçois intuitivement un nouvel axe de lecture, celui représentant le « conservatisme/progressisme ». Dans la mesure où l’intuition ne permet que de trouver une direction dans laquelle orienter ses recherches, je m’en vais donc expliciter les raisons pour lesquelles ce troisième axe me semble des plus pertinents, bien que son rapport avec les deux précédemment évoqués soient pour l’instant des plus flous.

Mon objectif est donc de montrer que la volonté de changement est une composante opinions politiques. Formulé ainsi, ce fait est d’ores et déjà plus évident. Pour le démontrer, il me faut revenir à la signification originelle de l’axe « gauche/droite », à savoir la première Assemblée Nationale française, où ceux placés à la gauche de l’hémicycle étaient les plus anti-royalistes, désirant donc le plus de changements par rapport à la norme précédente, et ceux placés à sa droite, royalistes, désiraient que le moins de changements possibles ne s’opèrent. Je pense qu’en montrant ainsi que la division « progressiste/conservateur » est l’une des plus anciennes en politique, ce nouvel axe prend pleinement sens.

Je conclurai en précisant que, si les deux premiers axes sont aujourd’hui somme toute assez largement connus, car ils représentent en quelque sorte l’idéal de tout un chacun pour la société, celui du progrès me semble injustement fusionné à l’axe « gauche/droite », la perception et donc le sens de celui-ci ayant bel et bien changé au cours des ans. Il existe en effet à mon sens de part et d’autre de cet axe à la fois des idéaux dont les défenseurs souhaitent un réel changement, tout comme d’autres prêts à « tout modifier pour que rien ne change », expression sur laquelle il est possible que je revienne à l’avenir.