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Quadrangulation Politique

La politique est un sujet complexe. Elle l’est tellement qu’il est peu probable que ne serait-ce que deux personnes de par le monde aient exactement la même opinion à ce sujet. Et ce même il est certes indéniable que dans la mesure où des groupes de réflexion existent à ce sujet, ainsi que diverses formes d’unions afin de modifier l’orientation de la Chose Publique, partis ou lobbies. Ceux-là ne sont en effet que le regroupement de personnes partageant des opinions similaires mais ne pouvant être strictement identiques en tous points.

Typiquement, les partis politiques, auxquels je me cantonnerai par souci de simplicité, sont catégorisés en fonction de leur position sur un axe opposant la « gauche » à la « droite » ; idées que l’on pourrait respectivement décrire comme étant « le bonheur de tous permet le bonheur de chacun » et « le bonheur de chacun fait le bonheur de tous », « tous » étant « l’ensemble des individus », et « chacun » étant « chaque individu pris séparément ». Mais cette classification me semble fort limitée. Pour prendre un exemple simple, il est courant de considérer les deux extrémités de cet axe comme étant le même point, bien que ce ne soit pas là mon avis comme je m’en vais l’expliquer.

 

Cercle rouge

Cercle circulaire

 

Pour rendre compréhensible mon raisonnement, il me parait plus clair de personnifier ces extrêmes par des personnages historiques bien connu, Staline à gauche et Hitler à droite. Suivant l’affirmation précédemment énoncée, avec laquelle j’ai déjà énoncé mon désaccord, ces deux personnages historiques sont situés en un même point, qualifiable « d’extrême ». Mais, cette représentation du spectre politique serait sans doute représentée par un cercle, laquelle figure géométrique se trouve non plus en une mais en deux dimensions. Or, dans la mesure où tout autoritaires qu’ils soient, Staline et Hitler n’en avaient pas moins des différences de vues sur le monde, il me semble que l’usage d’un certain outil mathématique devient évident.

Cet outil est appelé repère cartésien, à deux dimensions pour l’instant. En considérant l’axe des abscisses comme l’axe gauche/droite et celui des ordonnées comme représentant les idéaux politiques allant de la totale décentralisation du pouvoir à sa centralisation complète entre les mains d’un seul hommes, on obtient à mon sens un outil de catégorisation politique bien plus puissant et précis. Pour reprendre les exemples que nous avons précédemment utilisés, si Hitler et Staline sont effectivement très éloignés sur l’axe « gauche/droite », dans la mesure où ils disposaient des pleins pouvoirs au sein de leur régime, ils se trouvent peu ou prou au même point sur l’axe « acentral/central ». On obtient donc bien un résultat tenant compte à la fois de leurs similarités et de leurs différence. Nous pouvons en conséquent, et sans trop nous avancer, en déduire que cette représentation est bien meilleure qu’un simple axe « gauche/droite ».

 

Sphère sphérique

Nous y venons enfin

Maintenant, permets-moi de te poser une question, lecteur, toute rhétorique soit-elle : devons-nous reposer maintenant que nous sommes parvenus à identifier un axe d’analyse supplémentaire ? Je ne le pense pas, car déjà je perçois intuitivement un nouvel axe de lecture, celui représentant le « conservatisme/progressisme ». Dans la mesure où l’intuition ne permet que de trouver une direction dans laquelle orienter ses recherches, je m’en vais donc expliciter les raisons pour lesquelles ce troisième axe me semble des plus pertinents, bien que son rapport avec les deux précédemment évoqués soient pour l’instant des plus flous.

Mon objectif est donc de montrer que la volonté de changement est une composante opinions politiques. Formulé ainsi, ce fait est d’ores et déjà plus évident. Pour le démontrer, il me faut revenir à la signification originelle de l’axe « gauche/droite », à savoir la première Assemblée Nationale française, où ceux placés à la gauche de l’hémicycle étaient les plus anti-royalistes, désirant donc le plus de changements par rapport à la norme précédente, et ceux placés à sa droite, royalistes, désiraient que le moins de changements possibles ne s’opèrent. Je pense qu’en montrant ainsi que la division « progressiste/conservateur » est l’une des plus anciennes en politique, ce nouvel axe prend pleinement sens.

Je conclurai en précisant que, si les deux premiers axes sont aujourd’hui somme toute assez largement connus, car ils représentent en quelque sorte l’idéal de tout un chacun pour la société, celui du progrès me semble injustement fusionné à l’axe « gauche/droite », la perception et donc le sens de celui-ci ayant bel et bien changé au cours des ans. Il existe en effet à mon sens de part et d’autre de cet axe à la fois des idéaux dont les défenseurs souhaitent un réel changement, tout comme d’autres prêts à « tout modifier pour que rien ne change », expression sur laquelle il est possible que je revienne à l’avenir.

Maux en tous genres ciblés

21 avril 2011 2 commentaires

Libéralisme : Le libéralisme est un courant de pensée de philosophie politique qui affirme la primauté des principes de liberté et de responsabilité individuelle sur le pouvoir du souverain.  (Wikipédia)

Si je te parle, lecteur, de libéralisme, sans doute penseras-tu à l’économie qui, selon certains, se doit de se libérer du carcan des États. Un un sens, tu auras raison, car tel est le sens qui lui est le plus souvent octroyé. Mais quelle atroce mutilation d’un concept pourtant si merveilleux à l’origine ! Cette idée qui prône l’amour des libertés individuelles ! Le libéral ne devrait pas être un économiste, mais un humaniste, souhaitant la souveraineté de chacun sur le fil de son destin, voulant l’amélioration de l’Humanité dans son ensemble. Liberté d’expression, liberté de réunion, liberté d’opinion, tels devraient être les maîtres mots de celui qui se dit libéral, et non la seule liberté d’entreprendre ! Cette liberté si étroite (car une société composée uniquement d’entrepreneurs ne serait pas viable), et n’étant même pas au rang des libertés fondamentales de l’Homme !

N’étant pas spécialiste de la question, je ne m’aventurerai pas à établir l’histoire de ce glissement de sens, pourtant sans doute aucun fort intéressant. En revanche, je peux lister les conséquences qui me viennent à l’esprit. Le premier et le plus évident d’entre eux est qu’il n’existe plus de terme précis pour désigner celui qui se bat pour la liberté de chacun. Certes, il lui est possible de se désigner comme un libéral, mais ce faisant, il s’expose à se trouver identifié à des idées et des comportements qu’il rejette. La seconde, c’est que celui qui défend la liberté d’entreprendre au détriment des autres libertés, même plus fondamentales, est considéré comme libéral, et non celui qui, plus épris de liberté, préfère encore sacrifier son esprit d’entreprise plutôt que de léser la liberté d’expression (au hasard) d’autrui. N’est-ce pas là un comble, lorsque l’on sait l’origine du terme ?

Une autre conséquence est particulièrement insidieuse : en effet, malgré le glissement de sens, il s’est conservé, tout au moins dans certaines catégories de la population, l’idée que le bon représentant du peuple se doit d’être libéral. Cette idée, on ne peut plus vraie à l’origine, s’est ainsi pervertie, perdant la majeure partie de son sens de départ. Cela, couplé au fait que les élites économiques, qui ont une meilleure éducation, ont également plus de chances de parvenir au pouvoir, et sont donc tentées de favoriser leurs semblables entrepreneurs. Cela se traduisant par exemple, mais pas seulement, par une dérégulation des modalités d’emploi (je pense ici très précisément au Cours Préparatoire d’Elite). Mesures qui, si elles sont en effet très favorables à la liberté de l’entreprise, le sont en revanche nettement moins pour celles de tout un chacun.

Je ne peux pas non plus m’empêcher de mettre ce glissement sémantique en rapport avec la tendance qui consiste à cesser de considérer que le service publique se doit, autant que faire se peut, de rendre service du mieux possible à la population, mais avant tout d’être rentable. Or, si la rentabilité est une nécessité, ce n’est vrai que pour les entreprises privées. Une entreprise privée a pour but de générer des bénéfices, avec une politique agressive visant à inciter les clients à s’offrir ses services. Seulement, à cause de son ampleur et de sa nature, un État juste ne se gère pas à la façon d’une entreprise. Les déficits, s’il y en a, se comblent par l’augmentation des recettes, donc des impôts. Seulement, nul n’apprécie de donner son argent gratuitement. Mais les impôts ne consistent pas en cela, ce n’est qu’une impression. Il s’agit en effet, avant tout de le partager. Nous bénéficions tous des services publics. Quant au fait que les plus riches soient plus lourdement imposés alors qu’ils ont moins besoin des services publics, il se justifie par la solidarité, laquelle assure toujours en partie la cohésion d’une société de la taille d’une nation.

Pourtant, nombreux sont les politiques qui prônent une réduction des impôts. Cela s’explique par de nombreux facteurs : le premier est l’impopularité des taxes en tous genres, aussi les réduire assure de plus grandes chances de se voir élu. L’autre provient du fait que les élus sont le plus souvent issus des classes les plus riches de la population, et ne se sentent solidaires qu’avec eux-mêmes et leurs amis possédant autant si ce n’est plus de richesses qu’eux. Si le premier facteur est excusable (ce ne sont que des promesses), le second est lui bien plus grave. Il s’apparente en effet à la corruption, car c’est une motivation contraire aux intérêts de la majorité qui a fait l’élu. Cela va de paire avec les politiques qui, tout en réduisant les moyens alloués aux services publics de base tels que l’éducation ou les soins, se permettant de multiplier commissions et autres organismes qui combinent systématiquement fonction obscure, membres proches du pouvoir, et salaire mirobolant de ceux-ci.

La corruption commence en effet dès lors que l’on favorise ses amis à l’aide des moyens alloués par une fonction publique. Il convient certes de récompenser ceux qui nous aident, mais avec des moyens qui nous appartiennent en propre, et non à l’aide de ceux qui nous sont prêtés par le peuple. Cela est d’autant plus vrai que l’amitié s’achète, entrant ainsi dans la corruption caractérisée. La corruption des dirigeants est le pire fléau que puisse subir un pays : en effet, ce sont tout ses citoyens qui en sont affectés. Un détournement de fond, par exemple, est difficile à repérer, et plus encore à récupérer. Il existe certes amendes et peines de prison pour ces délits, mais elles sont à mon sens plafonnées bien bas : ce sont là selon moi des crimes pires que le meurtre, qui ne touche lui qu’un nombre restreint de personnes (sauf exception), à savoir la victime et ses proches. Les peines encourues pour corruption se devraient d’être extrêmement lourde, non pour dissuader totalement, ce qui serait illusoire, mais pour que le ratio des risques de se faire prendre et de la peine encourus par rapport aux bénéfices que l’on peut en tirer soit en faveur de la société, et non du criminel.

Ne t’y trompes pas : si je fais l’apologie de la répression, c’est de la répression du pouvoir dont je parle, et plus précisément de ses abus. J’ai ici pris l’exemple de la corruption, mais tout abus de pouvoir, de quelque nature qu’il soit, se devrait à mon sens être puni de telle sorte que celui qui détient ce pouvoir le perde, et ne puisse jamais le récupérer. C’est là, je le reconnais, une position extrême, mais dont je ne peux me départir, tant ma méfiance vis à vis de tout pouvoir et mon dégout quant à la façon dont ils sont appliqués sont grands.

A propos d’Internet et de la liberté

Internet est une invention très récente. Elle ne date que de la fin du 20ème siècle, et la généralisation de son utilisation à travers le monde ne remonte qu’au début des années 2000. Je passerai sur son développement et sa structure, pour ne m’attacher qu’à l’aspect utilisateurs. Les outils mis en place au 21ème siècle ont permis à ceux-ci de pouvoir s’y exprimer sans être contraint de connaître quoi que ce soit à la technologie employée, grâce à des outils comme ceux qui me permettent actuellement d’écrire ici. Cela à construit un vaste espace virtuel en perpétuelle expansion, chaque serveur mis en place augmentant la nombre de données, et donc d’information potentiellement partageables disponibles. De nombreux mouvements se servent de ce fabuleux outil pour s’organiser, voire se créer. Ainsi, le monde du logiciel libre, s’il existait déjà auparavant, a connu une grande possibilité de développement. Cependant, tous ces groupes ne sont pas aussi positifs. Certains sont même franchement criminels. C’est ainsi que les gouvernements décident de mettre en place des mécanismes divers et variés pour tenter de contrôler Internet.

Sont-ce là pour autant des moyens légitimes ? Sont-ils réellement et exclusivement limités à la lutte pour le bien publique comme le prétendent leurs défenseurs ? Je ne poserai même pas la question de leur efficacité (Je t’avouerai lecteur, que c’est là un article choisi au hasard, et pas des plus virulents). J’aimerais maintenant te faire remarquer une chose qui te paraîtra peut-être au premier abord sans grand rapport : Internet, permet à chacun de faire valoir chacune de ses opinions, de la plus légère à la plus grave. Je l’ai qualifié de fabuleux à cause de cet unique aspect. Internet permet à chacun de s’exprimer. C’est la forme la plus aboutie de la liberté d’expression disponible à ce jour. La Finlande s’en est d’ailleurs aperçue et a agi en conséquence. Auparavant ne pouvaient s’exprimer à l’échelle nationale ou mondiale qu’une infime poignée de gens, hommes politiques ou journalistes principalement. Internet les en dépossède, et je les accuse ici en cet instant de très mal le prendre.

Traitons rapidement des journalistes. Leur métier est d’informer. L’information peut désormais être traitée par n’importe quel individu. Il est normal qu’ils se sentent dépossédés. Cependant ils ont encore un rôle important à jouer dans la démocratie. Ils demeurent par leur formation les garants de la qualité de l’information. Je ne porte pour ma part aucun crédit ou presque à une quelconque information tant qu’elle n’a pas été validée par l’un d’entre eux. Je ne considère donc pas les critiques formulées par des journalistes contre l’information générée par internet comme un mal. Au contraire, elle sont parfaitement fondées. Ce que je reproche à certains membres de cette profession, en particulier à ceux travaillant dans le domaine de la télévision, c’est de relayer une propagande contre internet. C’est là l’antithèse de leur rôle. Aucun journaliste ne peut être excusé lorsqu’il oublie son rôle pour tomber dans une subjectivité manipulatrice. Cependant, même ces journalistes déchus (que je considère minoritaires mais extrêmement bruyants) ne sont pas les principaux coupables de ce mal dont je vais parler.

J’accuse les hommes politiques d’avoir peur d’avoir peur d’Internet. Peur de perdre le pouvoir. Peur que le système qu’ils prétendent défendre ne se perfectionne. En effet, ils ont toujours eu à leur disposition le monopole de l’expression publique de nouvelles idées. Lorsqu’ils débattaient, c’était sans ceux qu’ils étaient supposés représenter. Lorsqu’ils prenaient une décision, si controversée soit-elle, ils se trouvaient à l’abri de la vindicte de la foule jusqu’à la fin de leur mandat. Or la foule a la mémoire courte. Elle oublie rapidement les outrages qui lui ont été faits. Et ils le savaient. Mais maintenant, ce monopole leur est arraché. Si nous voulons clamer notre rage de voir ceux qui sont supposés nous représenter bafouer notre volonté, ignorer nos intérêts pour les leurs propres, nous le pouvons. Si les médias se laissent corrompre par le pouvoir, acceptant de se mettre à sa botte pour quelque rétribution et la promesse de tranquillité, il n’en va pas de même pour nous. La citoyenneté véritable, une place publique géante au moins équivalente à l’agora de l’antique Athènes s’est ouverte. Maintenant, nous pouvons tous parler. Nous n’avons pas forcément raison. Mais nous pouvons le dire, participer aux débats, participer aux décisions.

Nous en dépossédons la classe politique. Ou plutôt, nous lui reprenons ce qui nous a toujours appartenu mais que, faute de moyens, nous ne pouvions utiliser et avons donc laissé à quelques uns seulement parmi nous. Mais aujourd’hui, alors que tous peuvent s’en servir, voilà qu’ils répugnent à nous le rendre ! Et ils osent pour ce faire se draper dans une fausse vertu ! Ce droit, ils ne l’ont pas. Mais ils tentent de le prendre. Ces lois briment nos libertés sans en avoir trop l’air ! Elles n’ont pas lieu d’être. Protéger les artistes ? S’ils commençaient à protéger les artistes de leurs producteurs, ce serait bien plus efficace. Éviter la diffamation ? Des lois existent déjà pour cela, utilisons-les, en les adaptant au besoin. Nul besoin d’en créer de nouvelles. Lutter contre la pédophilie ? En arrêtant les fauteurs, mais sinon, je ne vois pas.

Par des lois empiétant sur nos libertés pour de si bonnes raisons, la classe politique peut peu à peu espérer reprendre le contrôle. Ne t’y trompes pas : je ne vise par cette diatribe qu’une partie d’elle, mais cette partie me semble si immonde que je m’étonne que la partie saine ne l’aie pas encore rejetée avec violence. Je conclurai par le port de la ceinture de sécurité obligatoire sur la route. Une mesure utile, qui sauve des vies. Elle n’est pas questionnée. Les parents, et plus généralement toute personne majeure est responsable de la sécurité des mineurs. Mais qui est responsable de la sécurité des majeurs sinon eux-mêmes ? Qui mettent-ils en danger en refusant le port de la ceinture. Une mesure utile, et un exemple qui l’est tout autant pour montrer que la limitation des libertés est insidieuse.

Inconvénients de la démocratie moderne

9 janvier 2011 2 commentaires

La plupart des grandes puissances mondiales sont aujourd’hui des démocraties. Ce sont donc des régimes politiques où, en théorie, le pouvoir repose entre les mains du peuple, ou tout au moins de ses représentants. Ainsi, les pouvoirs législatifs, exécutifs et judiciaires sont contrôlés par la population, devant laquelle sont responsables leurs détenteurs. Ce système me semble en théorie le meilleur élaboré à ce jour. La justesse de mettre le pouvoir aux mains de ceux qui auront à le subir ; les mandats limités en temps et en pouvoir, le contrôle de ceux qui en sont investis que je viens de citer sont d’excellents outils pour éviter l’instauration d’une tyrannie, et éviter le trop long maintien au pouvoir d’un dirigeant incompétent. Pourtant, ici et face à toi, lecteur, je m’arrogerai le droit ne ne point trop discuter de ces avantages, maintes fois répétés à l’école, cette matrice de citoyens. Je m’attacherai plutôt à en lister les inconvénients.

Comme lorsque je parlai de la monarchie, je m’attacherai ici à diviser ces inconvénients entre les faiblesses pouvant mener à la destruction du système, et les défauts qui peuvent mener le peuple à souhaiter s’en débarrasser. Cependant, je ne prétendrai pas cette fois-ci à montrer exclusivement ceux inhérent au principe même, ni à les découvrir tous (bien que je doute d’y être parvenu lorsque je parlais de la royauté). Vivant en effet dans une démocratie, et en étant partisan, je crains de ne pas pouvoir prendre suffisamment de recul par rapport à mes observations pour y parvenir, même de façon imparfaite. C’est pourquoi une fois ces défauts mis à jour, je tenterai de proposer des pistes pour y remédier.

Ne sachant pas à quel point elle est fiable , voilà une représentation de ce que tu doi penser de mon opinion sur la démocratie. Floue.

La grande faiblesse de la démocratie est indissociable de sa nature profonde. La démocratie ne peut exister sans le respect des Droits de l’Homme, et en premier lieu de la liberté d’opinion et d’expression. Elle ne peut donc se permettre d’interdire à ses citoyens de formuler des opinions antidémocratiques, sous peine de cesser d’être une démocratie. Elle est donc contrainte d’accepter en son sein des entités voulant sa destruction, et même de las aider au même titre que toutes les autres entités politiques, les protégeant de leurs opposants trop violents et leur offrant les moyens de s’exprimer. Cependant l’impossibilité d’interdire ces mouvements et groupuscules peut être contournée grâce aux opinions de ces mêmes mouvements : ne respectant souvent en rien les principes de tolérance de la démocratie, ils en viennent souvent à outrepasser la loi, tombant ainsi sous le coup de sanctions limitant leur influence néfaste.

L’autre faiblesse de la démocratie est la multiplicité de ses élus à travers le temps du fait de la durée limitée des mandats . Il en existe une telle quantité que, sur le nombre, on trouve nécessairement des individus incompétents ou corrompus (ce OU n’étant pas exclusif). Ces élus parasitent donc le système, le contournant voire l’ignorant pour leur seul profit. Négligeant le bien public, ces hommes et ces femmes sont de réelles nuisances, hélas inévitables. Cependant, cette multiplicité est également porteuse d’un avantage : leur nuisance est limitée dans le temps, car ils finiront fatalement par être remplacés lorsque le temps sera venu ; il est même possible d’espérer que leur remplaçant sera suffisamment talentueux pour réparer leurs méfaits. Hélas, le mandat de ces hommes et femmes de bien est également limité, et ne sera pas forcément reconduit. Remarques que cela n’est pas un mal en soi : le pouvoir a un effet corrupteur, le fait d’y goûter peut faire en désirer davantage, et limiter dans le temps la possibilité à chacun de l’exercer limite cette corruption.

Cependant, ces individus vertueux se trouvent en moins grande quantité que les individus néfastes. En effet, le pouvoir politique est une charge lourde en responsabilité que les vertueux doivent supporter sans autre rétribution personnelle que l’éventuelle reconnaissance publique, qui n’est même pas certaine car le bien publique ne passe pas toujours par le chemin le plus évident, et ce qui est donc extrêmement dissuasif. En revanche, les politiciens néfastes ne se soucient guère de l’intérêt général. Les responsabilités du pouvoir leur pèsent donc moins, et surtout, la rétribution qu’ils en tirent de par leur corruption est bien plus importante. Ils ont donc deux soucis principaux : assurer leur bien personnel, et conserver le pouvoir. C’est ainsi que l’on voit apparaître chez eux deux comportements : la favoriser les puissants, s’en faisant valets au lieu de les assujettir au bien public, et la mise en place de mesures à but exclusivement électoral, qui semblent ne justes qu’à l’immense majorité de la population qui n’a guère réfléchi aux fondements des questions traitées et qui s’apercevrait sinon qu’elles sont bien souvent aussi iniques par les principes qu’inefficaces par la forme, si ce n’est redondantes avec d’autres mesures antérieures.

Ce qu’un homme politique se doit à tout prix de ne pas être

Venons en maintenant à ce qui constitue le cœur de la démocratie, les élections. Ayant déjà traité de leur forme, je m’attacherai ici à leur fond. Opposons donc deux candidats. L’un vertueux, l’autre ne souhaitant que son bénéfice personnel. Lequel a le plus de chances de l’emporter ? Je te réponds que c’est le second. S’il était possible aux électeurs de percevoir instantanément les choses ainsi, le premier l’emporterait sans la moindre difficulté. Mais ce n’est pas le cas. Les électeurs vont devoir les choisir non en fonction de ce qu’ils sont, mais en fonction de ce qu’ils semblent être. Et nul ne sera jamais assez fou pour déclarer ne vouloir que son propre bien et se présenter à une élection. Les électeurs ne choisissent donc pas en fonction de ce que sont les candidats, lais en fonction de ce qu’ils semblent être ; ils ne sélectionnent pas une personne, mais l’image d’une personne. Lequel des deux semblera le plus vertueux ? Ce sera celui qui parviendra le mieux à donner une image reluisante de sa personne, et à salir le mieux celle de l’autre. Ce n’est pas là une tâche facile. Ce sera donc celui qui déploiera le plus de volonté à atteindre le poste convoité qui obtiendra finalement la place. Celui qui aura les plus fortes motivations. L’un agira pour tous sauf lui. L’autre uniquement à son profit. La seconde motivation me semble la plus forte. C’est donc le politicien néfaste qui a le plus de chances de l’emporter.

Ce phénomène fait également que ceux qui désirent le plus fortement le pouvoir tendent à y parvenir plus aisément. Or, c’est parmi ceux-ci que se trouvent ceux qui menacent le plus la démocratie, ceux qui seront tentés de garder le pouvoir même lorsque le temps de le laisser sera venu. C’est là une faiblesse inévitable. Car on peut certes imaginer un pouvoir plus fort dont la seule prérogative serait d’empêcher cela. Mais alors, qui contrôlerait ce pouvoir ? Il est également possible d’imaginer un autre système, où les pouvoirs se contrôlent mutuellement. C’est là la solution qui me semble la meilleure, car il faut alors que tous ces pouvoirs se mettent d’accord entre eux pour faire chuter la démocratie. C’est une limite, mais elle est moins efficace qu’elle peut sembler au premier abord. En effet, les urnes font souvent qu’un même parti se retrouve à avoir la faveur du peuple sur tous les points. Ce parti contrôle donc souvent tous les pouvoirs. Il peut donc servir à établir la connivence de ces pouvoirs, et faire chuter la démocratie.

Voilà à peu près comment je preçois ceux sui nous gouvernent

Enfin, je constate une forte ressemblance entre tous ceux qui prétendent à nous diriger, quelle que soit leur bord politique. Je te l’avouerai, lecteur, je ne fais confiance à aucun des hommes politiques français. Je serais bien en peine de t’en citer un d’important qui ne me semble pas néfaste. Comment cela s’est-il établi ? La réponse se trouve dans les institutions qui les forment. Afin de garantir des dirigeants compétents à la nation, il a été fondé des institutions ayant pour but de former des individus pour cette tâche. C’est ce qui explique leur forte ressemblance sur la forme de leur discours. Mais sur le fond ? La source en est autre. C’est à cause de la particularité de leurs origines. Tous viennent des classes sociales supérieures, presque sans exceptions. C’est ce qui leur permet d’obtenir une formation de qualité suffisante pour parvenir à de hautes fonctions. Et c’est aussi ce qui provoque leur façon similaire de voir le monde. Et leurs convictions profondes, entre autres celles politiques, en découlent.

Comment remédier à tout cela ? Comment renforcer la démocratie ? Par l’éducation. En donnant au peuple le pouvoir de garder le pouvoir pour lui-même, par les armes s’il le faut. Un peuple suffisamment éduqué sera presque impossible à berner. Je crains hélas que ce ne soit là qu’une utopie. C’est ainsi que la plupart des manipulations exercées par les politiciens néfaste se servent de l’ignorance de la population. Il faut donc remédier à celle-ci. Je te laisse deviner mon analyse de la diminution des moyens accordés à l’éducation à la lumière de mes deux dernières phrases.

Remarques sur le système électoral

15 novembre 2010 Laisser un commentaire

La démocratie, pour en parler il faut savoir ce dont il s’agit. Définissons la donc : il s’agit du pouvoir du peuple sur le peuple, c’est donc un régime politique où les décisions sont prises par celui-ci, à savoir entre autres toi et moi, lecteur. Tel est tout du moins l’idéal vers lequel un État se disant démocratique se doit de tendre. Je ne pense pas qu’un seul État aie jamais atteint cette perfection.

Je le répète, la démocratie est l’exercice du pouvoir par le peuple, nous détenons donc tous une part de pouvoir. En un sens, cela est vrai. En un autre ce ne l’est pas. As-tu, cher lecteur, réellement l’impression de détenir un quelconque pouvoir sur les décisions prises par ton pays ? Peu m’importe que tu les approuves ou non. Je te parle de l’impression d’être pour quelque chose dans la réflexion, la mise en forme et les modalités d’application de ces décisions. J’en doute fort. Le seul moyen dont tu disposes pour faire valoir ton opinion est le vote. Parlons-en du vote ! Il y a des exceptions, certes, mais il s’agit la plupart du temps de désigner l’un de ceux qui auront à voir avec les décision sus-citées parmi des « candidats » divers et variés proposant un « programme ». C’est sur ce programme, et je l’espère non sur la tête du candidat que s’effectuera ton choix.

Ils ont l’air nombreux, n’est-ce pas ? Oui, mais ils représentent à eux seuls plus de 60 millions de personnes. C’est déjà moins impressionnant.

Pour autant, je doute que ce candidat ne fasse que des propositions t’emplissant de bonheur. Sans doute en fait-il certaines avec lesquelles tu es en léger désaccord mais sur lesquelles tu décide de fermer les yeux face aux avantages du reste de son programme. Ou au moins d’autres qui t’indiffèrent totalement. C’est tout à fait normal, dans la mesure où chaque être humain ayant un vécu différent de tout autre être humain développe une vision du monde qui lui est propre. Je suis certain que même deux moutons ne voient pas le monde d’une manière exactement semblable. Ne serait-ce que parce-que la distance entre leurs deux yeux n’est pas identique. Tu vas donc déjà induire un biais entre ta vision du monde celle que tu choisis. Et statistiquement, je peux affirmer que ton choix ne sera pas respecté par la majorité.

Cela semble paradoxal formulé ainsi, mais je m’explique sommairement et sans trop entrer dans les détails (en me basant sur le système électoral à scrutin majoritaire, concernant les fonctions les plus importantes, comme celle de président) : la plupart des élections voient se présenter de nombreux candidats. Il peut arriver, surtout sur des zones restreintes comme une une ville lors de l’élection d’un maire, que l’un d’entre eux aie l’assentiment de plus de 50% de la population, auquel cas ma remarque ne s’applique pas. Mais à l’échelle d’un pays, ce cas de figure est rare. Sauf si, lecteur, tu es en Syrie ou en Chine, mais là n’est pas la question. On se retrouve donc souvent avec au premier tour au moins trois candidats d’importance, représentant chacun entre 10 et 30% des voix. Il va donc falloir organiser un second tour, où s’affronteront seulement les deux candidats ayant totalisé le plus de voix au premier tour, et l’on obtiendra un vainqueur. Seulement, le candidat choisi n’est le préféré qu’au mieux de 30% de la population. Ce qui fait finalement au moins 70% de plus ou moins déçus.

Les chinois n’ont pas vraiment ce genre de soucis.

La démocratie n’est ainsi qu’au mieux le système qui engendre le moins de déçus. Mais il y aurait à mon sens la possibilité de l’améliorer. Je m’aperçois en suivant les diverses élections qu’il n’y a bien souvent que tout au plus trois candidats réellement sérieux. Deux favoris et un tiers qui a des chances de prendre la place d’un des favoris pour le second tour. Appelons les favoris Alice et Bob, et le tiers Charles. Les opinions de Charles sont un compromis entre celles d’Alice et celles de Bob (si tu crois que c’est impossible réfères toi aux élections présidentielles françaises de 2007, et je dirais que ce cas est loin d’être isolé, mais ce n’est que mon opinion). Les électeurs d’Alice détestent Bob et réciproquement. En revanche, les électeurs d’Alice comme ceux de Bob sont capables de supporter Charles, tout comme les électeurs de Charles sont capables de supporter à la fois Alice et Bob.Dans le système classique, on l’a vu, Alice et Bob passent au second tour avec chacun 35% des voix, 30% allant à Charles, et disons que Bob emporte celui-ci. On a donc 35% de très déçus qui s’opposeront à Bob, 30% de neutres qui ne le soutiendront peu, et seulement 35% de satisfaits qui le soutiendront vraiment.

Peut-on améliorer cela ? Je pense que oui, avec un système à trois tours opposant les candidats deux à deux. Le premier tour opposera Alice et Bob, et comme dans l’exemple précédent Bob a remporté un tel match, nous dirons qu’il le remporte et obtient 1 point. Le second tour opposera Alice et Charles ; les électeurs de Bob ne pouvant pas supporter Alice, ils se reporteront sur Charles, on obtient donc 35% pour Alice et 65% pour Charles, qui marque 1 point. De même au dernier tour opposant Bob et Charles, ce dernier obtiendra les voix d’Alice et le gagnera de la même façon, obtenant un deuxième point. Finalement, nous avons : Alice : 0 point ; Bob : 1 point ; Charles : 2 points. C’est donc Charles, qui n’avait même pas franchi le premier tour la fois précédente qui l’emporte. Nous avons ici 30% d’électeurs satisfaits, ceux qui ont toujours soutenu Charles, 70% d’électeurs capables de supporter celui-ci, et aucune opposition forte. Le taux de satisfaction globale me semble plus important, je conclus donc qu’il s’agit d’un meilleur système. Et ne vas pas m’accuser de partialité : j’aurais soutenu Alice pour ses charmes féminins.

Hélas, Alice n’était pas aussi raffinée, sinon elle aurait sans nul doute remporté la victoire, et toute mon adhésion.

Dans la réalité, ce système n’est évidemment pas si parfait : il demande de mobiliser les électeurs bien plus souvent que l’autre, les avis de la population sont bien sûr plus nuancés, il y a bien souvent beaucoup plus de candidats, ce qui dans certains cas demanderait un nombre aberrant de scrutins, et surtout le nombre gens franchement satisfaits est encore plus faible. Pour ce qui est de la nuance des avis de la population, il n’y qu’un seul moyen réellement fiable de s’en faire une idée et ce moyen est le vote, principalement le vote pour les candidats n’ayant aucune chance, et si j’ai sciemment choisi de les ignorer dans mon exemple, c’est parce-qu’il est généralement possible de les rattacher plus ou moins bien à l’un des candidats principaux. Je l’admets, cela fait encore baisser le nombre d’électeurs pleinement satisfaits, mais cela est valable dans les deux modèles peut-être à incidence variable, je ne peux me prononcer. Pour le nombre de candidats, en considérant mon explication précédente, un système comprenant un premier tour classique pour départager les trois premiers constituerait déjà une solution acceptable. Enfin, pour ma dernière proposition, j’estime que la baisse considérable du nombre d’électeurs franchement mécontents compense la légère baisse du nombre d’électeurs réellement satisfaits ; ceci n’est évidemment que mon opinion.

Pour conclure, si tu as eu des difficultés à suivre ma pensée qui peut-être, je l’admets, parfois tortueuse, je dirai que je propose le remplacement du vote majoritaire classique par un système de vote comportant 4 scrutins, le premier sélectionnant trois candidats que l’on oppose ensuite deux à deux, celui obtenant la victoire sur le plus de scrutins étant finalement retenu. Ce système aurait pour conséquences un possible baisse du nombre de personnes pleinement satisfaites par le résultat, au profit d’une diminution plus importante du nombre de personnes réellement mécontentées par celui-ci. J’ajouterai que cet avantage pourrait être augmenté par une augmentation du nombre de candidats sélectionnés au premier tour, mais ceci occasionnant également une augmentation exponentielle du nombre de scrutins nécessaires par la suite, cela me semble peu souhaitable.