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Précision des sciences

25 novembre 2013 Laisser un commentaire

La capacité à observer, comprendre et modifier ce qui nous entoure est une chose très importante dans la définition de ce que nous sommes. En effet, la principale différence communément établie entre un être intelligent et une bête est la capacité à concevoir, construire au besoin, et surtout utilise des outils. Ce n’est pas pour rien que les espèces que nous jugeons les plus proches de nous en termes d’intelligence sont jugées selon ce facteur. Cette capacité est notre spécialité. A tel point qu’il me semble évident que c’est ce qui nous permet d’occuper la niche écologique où nous nous trouvons, quand bien même je serais totalement incapable de définir celle-ci avec précision.

Cette « intelligence », puisque c’est le mot que nous employons, nous a permis de subir une évolution culturelle, sur laquelle je n’ai ni le temps ni les compétences de m’étendre. Mais il me semble également évident que cette évolution culturelle inclut, que ce soit en cause ou en conséquence, et sans doute le plus souvent les deux à la fois, le raffinement de nos méthodes d’observation, de compréhension, et de modification de notre environnement.

Quelque part au cours de cette évolution, nous avons mis au point ce qui est couramment appelé la méthode scientifique. Et nous voici donc, lecteur, au point exact d’où je souhaite partir. Pourquoi alors, me demanderas-tu, fais-tu ces digressions préliminaires ? Pour mettre en contexte, et gagner du temps d’explication par la suite, te répondrai-je. En effet, vois-tu, rien n’est interprétable sans son contexte. Mais cela est une autre histoire, que je traiterai peut-être bien un jour ou l’autre. Mais revenons en à nos moutons.

Bêêêêêêêêh

Soyons ordonnés, soyons efficaces

La méthode scientifique a été bâtie par l’expérience, l’essai et l’erreur.  Elle nous sert à éviter de nous laisser leurrer par nos impressions et nos idées préconçues. Et même, dans une certaine mesure, par notre humanité. Mais elle souffre peut-être d’une faiblesse. Ayant été élaborée par l’essai et l’erreur, elle est en quelque sorte un outil créé par les sciences pour progresser dans les sciences. Or, la science est, et a toujours été, dépendante de nos cinq sens, étendus au besoin à l’aide d’outils allant du fil à plomb au cyclotron. Qu’en est-t-il si nos sens comportent une faiblesse intrinsèque et subtile, nous faisant nous méprendre sur la proximité de la vérité forcément subjective que nous propose la science avec la vérité absolue, presque par définition, inatteignable ?

Certes, comme tu me le diras, cette question n’a guère d’importance. Notre science fonctionne, me permet de te faire part de cette question qui, au fond est insoluble et donc résolue. Cependant, permets moi de spéculer quelque peu. Partons un instant du principe qu’un contact avec une espèce intelligente issue d’un autre systèmes stellaire sera un jour établi. Cette espèce aura connu des contraintes différentes au cours de son évolution, et sera donc très probablement assez différente de nous. Et c’est ici, lors de ce premier contact, que les différences et les biais supposables entrent en jeu, pour nos deux espèces. C’est en me demandant si le cumul de ces différences pourrait rendre l’humanité et cette nouvelle espèce incapables de communiquer que j’ai eu l’envie d’écrire cet article, afin d’y répondre.

Il n'y a qu'à espérer que le signe de la main ne soit pas une offense dans la culture de ceux qui trouveront cela

Cryptique, même pour nous autres, n’est-il pas ?

Bien évidemment, nous pourrions avoir de la chance, et contacter une espèce proche de la notre par son esprit, que ce soit par hasard ou parce que les lois de la sélection naturelle le veulent. Mais, a priori, le cas le plus intéressant est celui où l’interlocuteur est le plus grandement différent, n’est-ce pas ? Après tout, les rencontres les plus étranges sont bien souvent les plus enrichissantes, n’est-ce pas ? Surtout que cela ferait un excellent argument pour faire baisser d’un ton ceux qui clament que nous sommes seuls dans l’univers « parce que Dieu ». Ou dieux. Mais de toute façon, dieu partout.

Mais, vois-tu, je me demande si la courbe f(différence) = « difficulté de compréhension » ne serait pas logarithmique. Car en effet, je pense qu’à partir d’un certain degré de différence, la méthode scientifique, et ce qu’elle recouvre dans chaque cas, deviendrait indispensable à la communication, entrainant force calculs et protocoles spécifiques. cela rendrait fort semblables sur le fond l’échange de l’humanité avec d’autres êtres aussi différents entre eux qu’ils le sont chacun de l’humanité.

Ce qui me fait dire que les sciences sont la réponse aux faiblesses des sciences dans leur domaine est le concept de réalité objective. Toute inatteignable qu’elle soit, celle-ci n’en modèle pas moins la réalité subjective de chaque être vivant. Donc, au moins dans le cas des sciences appliquées telles que l’électronique ou la linguistique, elle sélectionne les procédés effectivement fonctionnels face à ceux ne pouvant qu’échouer.

J'espère au moins que ce n'est pas du gaspillage

Beauté expérimentale

Il me semble donc légitime de supposer qu’une espèce extraterrestre, bien qu’elle soit susceptible de décrire le monde d’une façon radicalement différente de la nôtre, emploierait finalement des méthodes ayant « aux yeux » de la réalité objective (permets-moi cet abus de langage) les mêmes mécanismes primordiaux, quand bien même ceux-ci nous échapperaient, à nous comme à cette espèce. Ces méthodes seraient donc probablement compatibles entre elles avec un minimum de coopération de part et d’autre.

En somme, s’il est très certainement légitime de se poser la question de la réalité de la description du monde que nous fournissent les sciences, il convient de se rappeler qu’elles n’en ont pas la prétention. Ce qu’elles cherchent est d’expliquer le monde selon selon des modèles décrivant ce que nous observons. Les sciences ne décrivent donc pas plus le monde qu’une maquette ne saurait être un véritable avion.

Le seul cas m’apparaissant comme problématique serait celui où il nous faudrait communiquer avec une autre espèce douée de capacités de raisonnement semblables aux nôtres par leur puissance mais non par leur fonctionnement intrinsèque. Mais, bien qu’en l’absence de possibilités d’expérimentation à ce sujet, et donc de confirmation, je pense que la compréhension mutuelle n’aurait rien d’insurmontable pour peu que nos espèce fassent preuve de bonne volonté et de rigueur, ou tout au moins leur équivalent extraterrestre.

La Raison de l’athéisme

12 février 2012 Laisser un commentaire

Alors que je me promenais sur la toile de pages inter-connectées qu’il est convenu d’appeler le net, ou le web, j’ai constaté un phénomène étrange et récurrent chez mes amis les croyants extrémistes, dont tu sais sans doute quel amour je leur porte. Ces braves personnes semblent en effet penser, dans la mesure où le livre qui remplace leur cervelle en est capable (oui, un grand amour te disais-je), qu’ils croient parce-que cela est rationnel, et que l’athéisme est la plus irrationnelle de toutes les positions intellectuelles autres que la leur. Ils prétendent en effet que d’entre toutes celles-ci, l’athéisme est celle qui demande d’accepter le plus de dogmes tout faits et impossibles à prouver. Je n’aurai pas la bassesse, et surtout pas la patience, de donner des exemples du nombre de dogmes que ces gens acceptent sans même s’en rendre compte. Je vais même leur donner raison sur un point, et ne pas trop argumenter sur l’autre, et c’est un cadeau que je ne suis nullement obligé de leur faire, comme je vais le détailler car ce n’est pas général : je vais leur accorder que les athées doivent en effet « croire » en un certain nombre de choses, des théories scientifiques en l’occurrence, bien que ce soit uniquement parce-que je reconnais le faire moi-même.

Avant de continuer cependant, je vais discourir sur pourquoi je ne suis pas obligé d’accepter que les athées aient plusieurs croyances communes. Ce que ces gens faillissent à comprendre en effet, c’est que l’athéisme ne veut pas nécessairement dire que l’on adhère à la pensée scientifique. Le seul point commun de tous les athées n’a en effet rien à voir avec la science, dans la mesure où l’athéisme est « l’absence de croyance en un dieu quelconque ». Et comme tu peux le constater, il n’y a rien entre ces guillemets qui se réfère à la pensée scientifique, ou même à la science en général. C’est juste une opinion philosophique, et c’est pourquoi il existe d’excellents scientifiques croyants, qui savent mettre de côté leurs croyances lorsqu’ils travaillent.

Il me faut à ce point définir quelques notions : la différence entre l’athéisme et l’agnosticisme d’une part, puis celle entre l’athéisme dit « fort » et l’athéisme dit « faible ». L’athéisme et l’agnosticisme se différencient parce que l’athée ne croit pas en un dieu, tandis que l’agnostique croit qu’il est impossible de décider. Ce qui est une croyance irrationnelle, car rien ne la fonde du point de vue scientifique. La différence entre l’athéisme « fort » et l’athéisme « faible » est plus subtile : l’athée « fort » croit qu’aucun dieu n’existe, ce qui est je te l’accorde une croyance aussi stupide qu’une autre, tandis que l’athée « faible » ne croit en aucun dieu, ce qui est une absence réelle de croyance. La différence est certes, je te l’accorde, subtile, mais à mes yeux indéniable. Selon cette définition, bon nombre de personnes, dont peut-être toi, se considérant comme agnostiques, sont en vérité des athées « faibles ». Ou bien, si tu tiens à ta définition, les athées « faibles » sont des agnostiques, mais alors où puis-je caser ceux que je considère comme agnostiques ? Car ils snt alors différents de toi et moi dans leur façon d’appréhender le monde.

Cela étant posé, attardons-nous maintenant sur la définition de dogme, car j’ai accordé à nos amis créationnistes que nous devions « croire », mais n’ai pas réemployé le mot dogme, et ce à dessein. Comme tu peux-le constater, il s’agit systématiquement de croyances considérées comme des vérités incontestables, à l’exception notable du sens médical du terme. Or, tout ce qui est scientifique doit pouvoir être contesté, sous peine de ne plus l’être. Certes, les créationnistes argumenteront sur ce point que par exemple, l’évolution n’est pas une théorie scientifique. Et ils auront raison, mais pas à leur avantage. En effet, l’évolution est un fait constaté, et ce dont ils veulent parler est la théorie de l’évolution, qui a pour visée d’expliquer comment les espèces évoluent. Tenter de réfuter l’évolution est comme tenter de réfuter la gravité. Ou comme se battre contre la réalité. On peut en revanche tenter de réfuter la théorie de l’évolution ou celle de la gravité, qui expliquent comment cela fonctionne. A condition de trouver soit un modèle plus précis (ce qu’ils n’essaient même pas, du moins pas de façon scientifique donc valide), soit en mettant en évidence des éléments les contredisant, ce à quoi ils ont jusqu’à présent échoué misérablement, malgré leurs mensonges (comme en disant qu’il n’y a aucune espèce transitionnelle).

Tout cela ayant été établi, venons-en maintenant aux arguments avancés par les créationnistes : ils prétendent d’une part que l’on ne sait pas expliquer un certain nombre de choses en matière d’évolution, et que « l’inanimé ne peut donner naissance à la vie », ou encore que l’univers ne saurait se passer de créateur, car « toute chose a une cause » d’autre part. Ce sont là deux arguments par le « dieu des lacunes » (ou dieu des trous comme j’aime à l’appeler). C’est un sophisme revenant à affirmer « nul ne sait comment l’expliquer, donc Dieu l’a fait » ; ou bien sa variante plus généraliste, l’argument par ignorance « personne n’a encore expliqué cela, donc l’ensemble est faux ». Que répondre à de telles âneries ? Si c’est par le biais de la théorie de l’évolution que se fait l’attaque, il suffit simplement de reconnaître son ignorance, mais de préciser que l’absence de preuve ne fait pas la preuve de l’absence, et que dans la mesure où la théorie de l’évolution a été de multiples fois confirmée par des prédictions s’avérant justes, il est fort probable que cela se soit produit, bien que nul ne sache exactement comment.

Si c’est la théorie de l’abiogenèse qui est visée la réponse sera la même, mais dans la mesure où aucune hypothèse à ce sujet n’a encore atteint le rang de théorie pleinement établie, il convient de ne pas s’arrêter là. Il faut en effet pointer le fait que la sentence très commune qu’elle soit exprimée de façon claire ou qu’elle soit masquée, prend comme hypothèse de départ qu’il existe quelque-chose dénommé « âme » au sein des êtres vivants, alors que rien ne démontre que nous soyons autre chose que des mécanismes biochimiques complexes. Enfin, la question de l’origine de l’univers est plus complexe, mais il existe moult raisons qui expliquent cela sans créateur, comme dans cet article, qui n’a pourtant nullement prétention à tous les lister.

Pour conclure, je vais maintenant t’exposer la véritable raison pour laquelle je suis athée, car le puis sans trop digresser maintenant que tous ces points ont été exposés. La seule et unique raison de cela, c’est qu’il n’existe aucun élément objectif montrant l’existence d’un quelconque dieu. Et, en l’absence de cela, la Raison m’interdit de croire en l’hypothèse « Dieu ». Je ne dis pas être certain de l’inexistence de dieu. Il se pourrait même qu’un jour la science mette en évidence des éléments indiquant l’existence d’une conscience à l’origine de l’univers qu’il serait possible de nommer ainsi. Mais, bien que ce jour là, s’il arrive, tous les extrémistes religieux du monde clameront avoir eu raison depuis le début face aux athées et autres sceptiques, et commenceront à se battre pour savoir qui avait le plus raison à propos de cette entité, seuls les sceptiques pourront entreprendre d’étudier rationnellement cette entité, et s’il advenait que l’une ou l’autre des religions avait raison quant à l’une ou l’autre des caractéristiques de celle-ci, ce serait uniquement par chance…

Inexistence du destin et du libre-arbitre

9 janvier 2012 2 commentaires

Le terme de libre-arbitre représente la capacité supposée de l’homme à faire des choix. Cependant, en décrivant le corps et le cerveau humain comme des processus purement chimiques, la science le remet en cause. En effet, un scientifique connaissant l’état d’un système à un instant donné, et disposant des outils de calcul nécessaires est en théorie capable de prédire tous les états futurs de ce système. La description purement formelle du corps humain étant elle aussi théoriquement possible jusqu’au moindre atome, bien que la tâche soit, je te l’accorde lecteur, rigoureusement impossible à l’heure actuelle, il pourrait-être possible de prédire le comportement d’un individu depuis sa naissance jusqu’à sa mort. Nous serions donc prédestinés par les processus biochimiques qui nous gouvernent.

Cependant, raisonner de la sorte présente de graves lacunes. Pour commencer, pour pouvoir prédire les états futurs d’un système, il convient que ce système soit isolé. Or, un individu est tout sauf un système isolé. Il faut tenir compte de son environnement, à commencer par les autres individus. Je pourrais couper les cheveux en quatre et considérer que le seul système connu réellement isolé est l’univers pris dans son ensemble, mais je me cantonnerai à considérer la Terre et le système solaire, pour l’énergie que ses différents éléments transmettent à celle-ci, tant par le biais de la lumière émise par le soleil que de l’attraction gravitationnelle de celui-ci et des planètes, sans compter les possibilités de collision d’un météore. Afin de rétablir la possibilité qu’un destin existe, il nous faut donc modéliser au bas mot un système solaire.

Cependant, d’après la théorie du chaos, la moindre décimale d’une mesure peut rendre totalement imprévisible le comportement d’un système si elle n’est pas exactement mesurée. Sachant qu’il faut, pour prédire exactement le comportement de notre système, faire toutes sortes de mesures et de calculs sur des orbites plus ou moins elliptiques, donc de prendre en compte l’infinité de décimales impossibles à exprimer sous forme de fraction de Pi, notre tâche s’annonce difficile. Et tant qu’à parler des orbites, je tiens à préciser qu’il a été démontré qu’un système de trois éléments en orbite ou plus est, à partir d’un nombre n d’années totalement imprévisible. Au temps donc pour notre prétention à prévoir le destin de notre système solaire.

Considérons néanmoins que nous parvenons à la dernière décimale de Pi, décidons qu’il en va de même pour tous les nombres non-entiers du système, et cantonnons nous  sous la limite de n années précédemment évoquée. Il demeure toujours un problème d’une taille considérable. C’est que, vois-tu, j’ai conservé le plus épineux pour la fin. En effet, il n’est nul besoin de sortir des processus biochimiques de l’individu pour lui nier un destin. En effet, ces processus mettent en cause seulement quelques poignées de molécules. Ces molécules sont composées d’atomes, et parmi ces atomes, une part bien précise est instable. Or, il est strictement impossible de prévoir quand un atome radioactif va se désintégrer. Et ici intervient de nouveau la théorie du chaos précédemment évoqué : ces quelques atomes radioactifs vont rendre totalement inconnues d’infimes décimales, et rendre le système constitué par l’organisme, même parfaitement isolé, totalement imprévisible.

Je pourrais avancer encore d’autres arguments, mais le fait est déjà établi : le destin n’existe pas. Cependant, je n’ai pas pour autant établi l’existence du libre-arbitre. Ce n’est en effet pas parce-qu’il est absolument impossible de faire autre chose que de mesurer les états du système que représente l’humanité que nous avons la possibilité de choisir ce qu’il advient de nous. Je vais être franc avec toi, lecteur : si j’espère disposer d’un réel libre-arbitre, voici des éléments qui m’en font douter : l’état de superposition quantique, et la théorie de la relativité restreinte. Je vais commencer par la seconde, qui me parait plus simple, et me permettra d’introduire la première, qui me semble plus forte.

D’après la théorie de la relativité, l’espace et le temps ne font en effet qu’un. Le temps n’est qu’une dimension comme les autres quoiqu’un peu particulière, dans la mesure où il n’est possible de ne s’y déplacer que dans un sens. A moins, peut-être, de se transformer en anti-matière, mais dans notre monde de matière, cela n’est guère recommandé. Et c’est justement cette éventualité que l’anti-matière ne soit que de la matière remontant le temps qui me fait douter du libre-arbitre. Car, si l’anti-matière provient du futur, c’est que ce futur existe déjà. Et qu’il est donc sans doute impossible de le changer. Certaines hypothèses visant à remplacer les théories d’Einstein (qui énonçait lui-même qu’elles étaient incomplètes) proposent même de se passer de la notion de temps.

Le libre-arbitre semble donc ne pas exister davantage. Mais, si le temps n’est qu’une illusion, peut-on pour autant considérer qu’il existe un destin lié à l’Univers ? Car d’un part, la notion de destinée inclut celle d’un but, d’un dessein, totalement absente de l’interaction entre les différentes formes d’énergie, matière incluse. En réalité, ce qui me déplait dans cette notion de destinée, c’est le fait qu’elle considère le temps d’une façon mystique. Alors que je pourrais de façon totalement non-objective et personnelle le qualifier de « dimension non-symétrique » : en effet, il a été démontré qu’une même cause, selon le « sens du temps » dans lequel elle s’exerce, n’a pas les mêmes effets. Et ce serait la seule particularité du temps, mis à part que nous, choses organisées, ne sommes capables de n’y voyager que dans un seul sens, comme portés par un courant contre lequel nous n’aurions aucun moyen de lutter, ce qui n’est pas le cas des particules telles que les protons, neutrons et électrons.

Là où je veux en venir, c’est que si tu tiens absolument à considérer que soit le destin soit le libre-arbitre existent, alors il me semble qu’il vaut mieux que tu considères le destin comme la meilleur option, mais rigoureusement dépourvu de ses attributs mystiques comme celui de donner un but à toute chose.

Cela n’est cependant pas une certitude, et il convient de se rappeler que même si cela l’était, l’existence de sentiments humains tels que la peur, la souffrance, la colère ou bien la joie, le plaisir, l’amour est elle bien avérée, et bien plus proche de notre quotidien. Et surtout, même mise sur des rails, la Raison prime. Le crime reste condamnable par celle-ci, et le fait que le destin existe éventuellement ne doit pas oblitérer cela.

Idées quant à origine de l’obstination du concept de la Création

S’il est une chose qui m’atterre, c’est bien la faculté de certains croyants à s’agripper à leurs convictions comme des rats à une planche flottante suit à un naufrage. Ce naufrage, ce n’est même pas celui de l’idée de leur dieu, mais celui de la conviction d’un monde aux limites intelligibles par l’être humain autrement que sous la forme de chiffres. L’assertion courante selon laquelle les scientifiques ajoutent des millions d’années à n’importe quoi pour faire passer n’importe quelle hypothèse en est la preuve flagrante. Un million d’années, c’est une durée fort brève. Certes, ce sont aussi des milliers de générations d’êtres humains, mais le fait que nous soyons des observateurs éphémères ne fera pas plier la réalité pour mieux se rapprocher d’une conception concrète de ce qui nous entoure.

Le principal angle d’attaque de ceux qui s’obstinent à vouloir qu’un dieu aie créé l’univers de la façon décrite dans un livre plurimillénaire recopié d’innombrable fois à partir d’une tradition orale elle-même plus ancienne encore, c’est la théorie de l’évolution, formulée pour la première fois par Charles Darwin. Sans doute est-ce parce-qu’elle remet en cause le statut privilégié que l’homme aime à se donner par rapport aux autres animaux, donnant l’impression de nous rabaisser à égalité avec eux. Je dis bien l’impression, car une théorie ne fait qu’énoncer un fait, si elle invalide une croyance antérieure, c’est que la dite croyance était erronée, le fait a toujours été vrai. En clair, la théorie de l’évolution ne nous rabaisse pas, elle nous montre juste la vérité, en nous arrachant le piédestal illusoire que nous nous étions construit.

Les créationnistes, puisqu’ils sont ainsi appelés, tentent de réfuter la théorie de l’évolution par un certain nombre d’arguments n’ayant de scientifiques que l’apparence, et pouvant se résumer ainsi : « Puisque je ne peux imaginer comment cela s’est produit, c’est que Dieu y est intervenu ». Le plus courant de ces arguments est celui de la complexité irréductible. Je me suis ainsi déjà fait arguer qu’une chauve-souris avec une aile à demi-formée ne serait qu’une proie facile pour les prédateurs, ne pouvant ni vraiment voler ni vraiment courir. Argument démontrant avant tout l’abjecte stupidité de l’énonciateur (non, je n’ai nulle obligation d’être poli, je préfère être honnête). Il m’est en effet aisé de trouver un exemple d’adaptation en cours au vol : l’écureuil volant. En se basant sur cela, je peux imaginer que les proto-chauves-souris étaient arboricoles, et qu’elles ont peu à peu développé les doigts et les membranes de leurs pattes antérieures, leur conférant une capacité de saut plus grande, tout en leur permettant de continuer à courir confortablement, jusqu’à être capables de voler pleinement, moment auquel les parties du corps servant à la marche s’atrophient au profit de celles servant au vol. J’ai en fait depuis lu un article mentionnant que l’inhibition d’un gène et une légère modification d’un autre permettaient la formation d’une aile pleinement formée, donc apte au vol pourvu que les muscles suivent.

Les systèmes irréductiblement complexes existent pourtant. Je traiter ici du cas général. Il s’agit d’un système comportant plusieurs éléments, et ou la destruction ou la modification du moindre élément rendent le système inopérant et inutile. Sur ce point, je suis d’accord avec les créationnistes, de tels systèmes existent. Et c’est bien le seul. Car je clame, contrairement à eux bien sur, que de tels systèmes peuvent avoir été conçus par le biais de l’évolution naturelle. Et je le montre (toujours dans le cas général). Prenons un système quelconque accomplissant une tâche quelconque. Par le biais des mutations, certains éléments deviennent redondants. ces redondances étant favorables à l’individu les présentant (dans le cas d’un capteur, lui donnant plus de précision), elles sont conservées. Nous obtenons donc une espèce avec des redondances. Par une nouvelle mutation, l’une des occurrences s’active sous condition que l’autre soit aussi activée (ce qui permet par exemple une économie d’énergie). La liaison entre l’activateur et la suite de la chaîne devient inutile et peut disparaître. Cela forme un système irréductiblement complexe. Qui a évolué naturellement.

Un autre argument montrant l’ignorance scientifique des créationnistes est l’appel aux lois de la thermodynamique, la deuxième loi pour être précis. Celle-ci statue que l’entropie d’un système (ou désordre pour simplifier) tend à s’accroître avec le temps, et que les systèmes ordonnés requis pour la formation de la vie et l’augmentation de l’ordre requise par l’évolution briseraient ce principe. Si l’on se contente de la biosphère, cela est vrai. Seulement, on ne le peut pas, cette loi n’étant valable que pour des systèmes isolés. Or, il se trouve qu’aucun système n’est réellement isolé, à part, peut-être, l’univers pris dans son ensemble. De façon plus concrète, l’entropie globale du système auquel la vie appartient augmente par le biais du soleil, dont l’apport en énergie est tout sauf négligeable, et par celui de la chaleur de la Terre elle-même, ce qui a pu être capital durant les premières étapes du cheminement de la vie.

Le grand problème, c’est que peu importe le nombre de fois où les créationnistes se verront réfuter leurs soi-disant arguments scientifiques, ils resteront fermement ancrés dans leurs convictions. Car celles-ci ne font pas appel à la raison, mais à la foi. Mais il leur reste un autre angle d’attaque. Celui de la philosophie et plus précisément de la métaphysique. C’est là un refuge d’où ils peuvent ignorer les preuves scientifiques apportées à la théorie de l’évolution. L’argument le plus mauvais et le plus courant employé est que la théorie de l’évolution prétend que la vie est apparue par pur hasard. C’est là une assertion fausse, cette théorie n’émettant aucun postulat quant à l’origine de la vie, ne s’intéressant qu’à la façon dont elle se comporte une fois qu’elle existe, quand bien même ce serait un dieu tout puissant qui l’aurait fabriquée de toutes pièces.

La vérité est que la science ignore encore pour l’instant l’origine exacte de la vie, mais plusieurs hypothèses non-encore invalidées, bien que pas encore validées, ont été émises. Ces hypothèses visent à concevoir une théorie dite de l’abiogenèse, radicalement différente de celle de l’évolution, bien que pouvant éventuellement s’appuyer sur certains principes de celle-ci. Oui, j’affirme haut et clair que j’ignore d’où provient la vie. Mais, si tu te renseignes sur la théorie de l’abiogenèse, tu verras qu’il n’est pas impossible d’imaginer des scenarii où la vie apparaîtrait spontanément, se complexifiant ensuite par le biais de la combinaison des mutations et surtout de la sélection naturelle.

Une fois battus en brèche sur ce point, les créationnistes sortent du domaine des sciences de la vie, pour s’intéresser à la physique elle-même. Ils se mettent à prétendre que l’univers a un commencement montré par la science elle-même, qu’il est trop finement réglé pour permettre l’apparition de la vie pour que cela se produise par hasard, et que cela nécessite une conscience supérieure capable, tout d’abord de créer cela, ensuite de le régler correctement. Cette assertion est fausse, ne serait-ce que parce-que la science ne dit nullement que l’univers a un commencement. Ce qu’elle dit, c’est qu’il a connu une période extrêmement dense et chaude où son expansion était très rapide. C’est là la définition correcte du Big Bang. En théorie, il y a bien un instant où l’univers est infiniment dense et chaud, et infiniment petit. C’est ce que l’on appelle une singularité. Pour commencer, cela ne signifie rien, car cette singularité a très bien pu n’être elle-même qu’une phase de l’évolution de l’univers.

Ensuite et surtout, cette singularité ne se serait produite que si les lois de la physique restaient identiques dans le temps. Or, il se trouve qu’elles changent. Exprimé de façon plus rigoureuse, il nous faudrait une théorie de la gravité quantique. En effet, la gravité telle que nous la formulons dans la théorie de la relativité générale ne tient pas compte du principe d’incertitude de Heisenberg. Or, il se trouve qu’à partir (en remontant de le temps) d’un instant dénommé temps de Planck, l’influence du principe d’incertitude sur la gravité devient non-négligeable, à cause de l’extrême densité de l’univers. Pour percer cette barrière, il faudrait une théorie où la gravité prendrait en compte le principe d’incertitude, fusionnant la théorie de la relativité et la théorie quantique en une théorie que j’ai déjà nommée, dite théorie de la gravité quantique. En résumé, nous ne savons pas d’où provient l’univers.

Cependant, il existe ce que je me plais à appeler des embryons de théorie, dans la mesure où ces théories n’ont pas encore été validées par l’observation de leurs prédictions. La plus prometteuse à l’heure actuelle est la théorie des super-cordes, bien que ce ne soit pas la seule. Elle est en tous cas suffisamment prometteuse pour avoir motivé la construction du LHC afin de mener les expérience nécessaires à sa validation. Il se trouve que cette théorie, comme toutes les autres théories de la gravité quantique, prédit l’existence de quelque-chose avant le Big Bang, en l’occurrence des branes flottant dans un espace-temps plus vaste, à davantage de dimensions.

Je l’avoue, cela fait en vérité beaucoup de choses que nous ignorons. Mais nous ignorons beaucoup moins de choses qu’il y a un siècle, ou qu’il y a mille ans. Les hommes voyaient autrefois en la foudre un phénomène divin, et nous savons aujourd’hui qu’il ne s’agit que du résultat de la différence de potentiel entre les molécules chargées des nuages et le sol, ce qui est un phénomène parfaitement naturel. S’il avait fallu brûler tous ceux qui émettaient des hypothèse autres que celle de la colère de Zeus, nous n’en serions pas là où nous en sommes aujourd’hui. Mettre le surnaturel derrière chaque évènement dont on ne parvient pas à imaginer d’explication rationnelle est une marque d’abjecte stupidité. Dieu, c’est la mort de la pensée scientifique. Sans compter l’orgueil que représente le fait de prétendre tout savoir à l’aide d’une seule explication.